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Au bord de l’éclatement: des Québécois vivant aux États-Unis craignent le pire

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Photo courtoisie À Orlando, en Floride, les terrains de bureaux de vote sont criblés de pancartes en faveur des différents candidats.

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Les tensions grandissantes engendrées par les élections américaines faisaient craindre le pire mardi soir à des Québécois vivant aux États-Unis qui appréhendent de la casse un peu partout au pays, peu importe l’issue du vote.

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« Je ne me rappelle pas d’avoir vu des élections aussi intenses. Insultes, intimidation... Je m’attends à ce qu’il y ait beaucoup de violences cette nuit et dans les prochains jours », s’inquiétait hier Julie Lesage, qui habite près de Houston, au Texas, depuis 17 ans.

D’ailleurs, le gouverneur de l’État, s’attendant manifestement à des débordements, a déployé la Garde nationale dans les grandes villes du Texas, explique Mme Lesage. Quelques-uns de ses amis ont même décidé de ne pas envoyer leurs enfants à l’école aujourd’hui, craignant un drame.

« Il y avait déjà de l’intimidation aux bureaux de vote ce matin [hier]. Cette bulle de tension entre les deux groupes risque d’éclater à tout moment », craignait-elle.

Annie Messier et son conjoint Pierre vivent près de Raleigh, en Caroline du Nord.
Photo courtoisie
Annie Messier et son conjoint Pierre vivent près de Raleigh, en Caroline du Nord.

S’attendre au pire

Ce climat particulier semble avoir été ressenti un peu partout au pays. À Raleigh, en Caroline du Nord, même si les rues étaient plutôt tranquilles en début de soirée, les commerçants se sont préparés au pire.

« Les commerces ont placardé leurs vitrines avec des planches de bois. On s’attend à ce que ça brasse. On ne fera pas exprès pour sortir ce soir », a confié Annie Messier, qui habite en banlieue de la capitale.

« Un homme s’est présenté tantôt au bureau de vote avec une carabine, “juste pour surveiller”. Heureusement, il a été arrêté, mais ça donne une idée de qu’on ressent ici », a-t-elle poursuivi.

Julie Lesage est établie depuis 17 ans près de Houston, au Texas.
Photo courtoisie
Julie Lesage est établie depuis 17 ans près de Houston, au Texas.

À Orlando, en Floride, Mélanie Belding-Gagné fait état d’un environnement « très stressant et étouffant » dans les jours précédant le dévoilement du scrutin.

« Les gens n’ont jamais été aussi [bruyants] par rapport à leur position. Il y a des pancartes partout et on reçoit des textos pour aller voter sans arrêt, je n’ai jamais vu ça. Il y a des gens qui pleurent au travail, la tension est palpable », a-t-elle raconté.

Polarisant

Tout comme Mme Lesage et Mme Messier, la Floridienne souligne que des élections n’ont jamais créé autant de divisions dans la population depuis qu’elle s’est établie au pays de l’Oncle Sam, il y a 12 ans.

Les trois femmes s’entendent d’ailleurs pour dire que ces élections sont un « moment charnière » pour l’avenir du pays, même si elles n’ont pas voté pour le même candidat. « Tout le monde [retenait] son souffle et [était] scotché à son écran », a affirmé Annie Messier.