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Plus de discipline à faire à l’écran qu’en classe, selon des directions d’école

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Des ados qui vapotent, s’intimident ou jouent aux jeux vidéo pendant des cours en ligne : les élèves sont davantage indisciplinés lors des classes virtuelles, constatent des directions d’école.

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Le phénomène risque d’ailleurs d’augmenter en zone rouge avec le passage des élèves de troisième secondaire en enseignement hybride depuis lundi, indique-t-on. 

Jean-François Drouin est directeur de l’école secondaire Soulanges, à Saint-Polycarpe, en Montérégie. Depuis que la région est passée en zone rouge il y a deux semaines, ses élèves de quatrième et cinquième secondaire suivent leurs cours à l’écran une journée sur deux. 

Malgré l’existence d’un code de vie pour l’enseignement virtuel, qui donne des balises claires aux ados, il constate une forte augmentation des élèves qui ne respectent pas les règles. 

«C’est un défi supplémentaire, lance-t-il. En temps normal, on doit intervenir auprès de 5 à 10% d’élèves récalcitrants. Avec l’enseignement en ligne, on a dû faire des interventions auprès de 30% à 40% des élèves environ.» 

À la Fédération des directions d’établissement d’enseignement, on indique que l’augmentation semble généralisée, même si son ampleur varie d’une école à l’autre. 

«La gestion de cas est plus importante qu’en temps normal», confirme son président, Nicolas Prévost, et ce même si plusieurs écoles ont adopté un code de vie pour l’enseignement en ligne. 

Pyjama, retard et intimidation

Des enseignants et directions d’écoles doivent intervenir fréquemment pour rappeler aux élèves que les règles sont les mêmes qu’en classe. Les ados doivent se présenter à l’écran à l’heure dans une tenue convenable, plutôt qu’en pyjama ou torse nu.  

La consommation de nourriture est réservée aux pauses et le cours doit être suivi dans un endroit approprié. 

«Il y a plus de laisser-aller en ligne, mais on les rattrape le lendemain lorsqu’ils reviennent à l’école. Les sanctions sont les mêmes qu’en temps normal», affirme M. Drouin. Des retenues ou travaux supplémentaires peuvent alors être exigés. 

La semaine dernière, une intervention a dû être auprès d’un élève qui suivait son cours d’éducation physique... dans son bain, raconte-t-il. 

L’intimidation, qui se fait beaucoup via clavardage dans les logiciels de visioconférence, est un autre phénomène à gérer, ajoute Nicolas Prévost.  

«Les élèves s’en permettent plus au clavier, mais c’est le même phénomène que l’on voit sur les réseaux sociaux en général», souligne-t-il. 

La situation est bien différente de celle vécue le printemps dernier, ajoute de son côté Annie Roy, qui enseigne les mathématiques à l’Académie les Estacades, à Trois-Rivières. 

«L’an passé, les élèves qui assistaient à nos cours en ligne c’était parce qu’ils le voulaient bien. Là, ils n’ont pas le choix, ça fait une différence», souligne-t-elle. 

Les groupes sont beaucoup plus nombreux et la prise de présence est tout un casse-tête à gérer pour certains, puisqu’il n’est pas toujours facile de savoir si l’élève s’est déconnecté à cause d’un problème technique ou s’il a quitté la rencontre volontairement. 

Le défi du troisième secondaire

À partir de lundi, les élèves de troisième secondaire en zone rouge passeront aussi à l’enseignement en ligne une journée sur deux, ce qui pourrait représenter un autre défi de taille. 

Règle générale, c’est auprès de ces élèves qu’il y a le plus d’interventions à faire pour des problèmes de comportement dans une école secondaire, affirme Nicolas Prévost. 

«Le secondaire trois, c’est souvent un niveau névralgique dans une école. J’ai bien hâte de voir leur réponse avec l’enseignement en ligne. Au moins, les gens ont l’expérience des secondaires 4 et 5», laisse-t-il tomber.

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