/news/health
Navigation

Les budgets alloués à la santé mentale sont en stagnation au Québec

Coup d'oeil sur cet article

La santé mentale reste le parent pauvre des ressources allouées à la santé au Québec, déplorent des organismes du milieu qui attendent avec impatience le premier plan d’action du gouvernement Legault.

• À lire aussi: 100M$ pour la santé mentale

«Compte tenu de l’importance que ça représente en termes de nombre de personnes touchées et de l’impact que cela a dans la vie du monde, les ressources destinées à la santé mentale ne représentent même pas 6% du budget de la santé au Québec. Je pense qu’on peut faire beaucoup mieux», a commenté Charles Rice, directeur de l’Alliance des groupes d’intervention pour le rétablissement en santé mentale (AGIR). 

Selon le gouvernement du Québec, 12% de la population présentent des troubles mentaux, alors que le budget destiné à la santé mentale est en stagnation depuis plusieurs années. 

D’après AGIR, 5,9% du budget de la santé est consacré à la santé mentale, ce qui est nettement insuffisant.  

Selon des groupes comme le Réseau communautaire en santé mentale (COSME) dont fait partie AGIR, il faudrait hausser à au moins 10% les dépenses du ministère de la Santé et des Services sociaux en santé mentale, considérant le sous-financement actuel et l’importance des besoins.  

Qui sont les hommes et les femmes derrière nos politiciens? Emmanuelle présente... un balado animé par Emmanuelle Latraverse.

Plan d’action attendu

M. Rice donne l’exemple de la Grande-Bretagne dont la part des dépenses en santé mentale s’élève à près de 12%. 

Ce dernier rappelle qu’il y a trente ans, le Québec était pourtant l’un des premiers gouvernements à se doter d’une politique en santé mentale. 

«Ça se voulait très avant-gardiste. Il y avait une reconnaissance des organismes communautaires, mais depuis, on est sur une pente descendante. Autant nous étions bons premiers, autant nous sommes bon derniers maintenant. (...) Quand on regarde la répartition des budgets, on se rend compte que très peu sont affectés à la communauté. Le gros du budget reste dans les hôpitaux», a poursuivi M. Rice.  

L’une des conséquences est que, dans l’état actuel des choses, le milieu communautaire peine à aller plus loin que de pallier les urgences. 

«On n’est pas capable de travailler en amont pour faire en sorte que les gens ne tombent pas en crise et qu’ils ne reviennent plus dans le système», dit-il.  

Jusqu’à présent, le ministère de la Santé et des Services sociaux a mené deux consultations qui devraient aboutir sur le premier plan d’action de la Coalition avenir Québec sur la santé mentale. Ce plan est attendu avec impatience.