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Les 5 A pour le chevreuil

White Tailed Buck Alert for Predators
Photo Adobe Stock Les cerfs ont un sens olfactif 1000 fois plus développé que celui du chasseur.

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Si on se base sur les années passées, on sait que près de 60 % de la récolte annuelle totale des cerfs de Virginie se déroulera au cours des 16 prochains jours, à la carabine, dans la très grande majorité des zones.

Voici quelques conseils qui pourraient faire toute la différence lors de vos prochaines sorties de chasse.

Alerte

Lorsqu’on se déplace en direction de notre poste d’affût ou pour faire de la chasse fine, il est impératif d’analyser la direction et le comportement du vent. Si ce dernier souffle vers le site que vous vouliez exploiter, soyez certain qu’il transportera vos odeurs ce qui aura officiellement pour effet d’alerter les cervidés des environs. En cas de doute, faites un grand détour pour accéder à votre spot ou optez pour un autre endroit. Ne soyez pas négligent à cet égard et rappelez-vous toujours que les cerfs de Virginie ont un sens olfactif qui est 1000 fois plus développé que celui de l’homme.

Approche

Avant même de songer à vous servir de leurres olfactifs, il est important de neutraliser tous vos effluves humains et ceux de vos vêtements avec un éliminateur d’odeur. Puis, avant de vous installer dans votre cache ou sur votre mirador, versez un peu d’urine synthétique de femelle ou de mâle dominant sur un tampon sanitaire que vous laisserez à une hauteur d’environ un mètre du sol. Il n’absorbera pas l’humidité et ne dégagera pas d’odeurs nauséabondes après un certain temps comme le font les guenilles ou les bouts de tissus. 

Appels

On estime qu’il y a moins de 10 % des chevreuils qui répondent à un appel, ne soyez donc pas trop déçus et n’ayez pas trop d’attente. Si vous souhaitez grunter, faites deux grognements longs avec votre appeau, suivi d’un court. La séquence totale devrait durer environ 15 secondes. N’hésitez pas à varier vos calls.

Les appeaux qui reproduisent la femelle en chaleur portant le nom de Bleet call ou Bleet can fonctionnent également très bien pour charmer un buck ou pour rassurer d’autres spécimens.

Vous pouvez également imiter les sons produits par des panaches de chevreuils qui se heurtent les uns sur les autres durant un combat. Le rattling, comme on l’appelle, doit durer moins de 15 secondes et vous devez le faire à trois reprises, avec un délai de 15 à 20 secondes entre chaque épisode. Ne soyez pas trop insistant et répétez un tel enchaînement une ou deux fois par heure.  

Affront

Lors de vos déplacements, si vous apercevez des grattages ou des frottages, versez un peu d’urine synthétique de mâle directement sur ces derniers. Aussi anodin que cela puisse paraître, retenez que ce geste aura pour effet d’enrager le dominant du secteur, de le faire réagir et bouger.

Appât

À ce temps de l’année, les bucks matures en quête de sensations fortes se nourrissent très peu. Ils se rendent donc beaucoup moins souvent à vos amas de carottes ou de pommes que les autres cerfs moins imposants. Ils laissent fréquemment les biches et les veaux prendre les devants, à titre d’éclaireurs. Les beaux mâles ne s’exposent pas inutilement. Ils attendent plutôt en retrait que les femelles courtisées se gavent de cette manne qui est récemment apparue comme par magie. Ils sont tellement méfiants qu’ils ne se déplacent pas sur les sentiers communs, creusés lors des passages répétitifs des autres cerfs. Leurs tracés sont couramment situés plusieurs mètres en arrière-plan. Essayez de localiser des trails peu développées et adjacentes ainsi que divers signes de déplacements dans les feuilles au sol. Repositionnez votre poste d’affût au besoin.

Un engouement des jeunes pour la chasse

Lors de la première édition de la fin de semaine de la relève, qui se tenait les 31 octobre et 1er novembre, 686 néophytes ont eu l’opportunité de découvrir la chasse au chevreuil.

Les apprentis devaient s’être inscrits avant le 20 septembre dernier afin d’obtenir un permis éducatif du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) leur donnant droit de prélever un cervidé lors de cette période qui leur était exclusivement réservée. 

Au moment de la chasse, la très grande majorité des nouveaux adeptes accompagnés d’un mentor devaient avoir leur permis de chasse régulier associé à la zone qu’ils exploitaient. Les jeunes de 12 à 17 ans et les étudiants de 18 à 24 ans pouvaient chasser en vertu du permis d’un adulte comme c’est possible de le faire durant les autres périodes de chasse.

Statistiques

Cette jeune fille de St-Théophile en Beauce a été initiée à la chasse au cerf de Virginie le week-end dernier.
Photo courtoisie
Cette jeune fille de St-Théophile en Beauce a été initiée à la chasse au cerf de Virginie le week-end dernier.

Des 686 participants, 63 % étaient des jeunes chasseurs certifiés âgés de 12 à 17 ans, 29 % étaient détenteurs d’un permis d’initiation et 9 % étaient, pour leur part, des nouveaux chasseurs certifiés en 2019.

On apprenait aussi que des 686 nouveaux nemrods, 23 % étaient des femmes et 77 % des hommes. 

Les catégories d’âge des participants à la fin de semaine de la relève

  • 12 à 17 ans : 85 %
  • 18 à 25 ans : 3 %
  • 26 à 35 ans : 5 %
  • 36 à 45 ans : 5 %
  • 46 à 55 ans : 2 %
  • 56 à 65 ans : 1 %

Stratégies pour chasse tardive

Les outardes en ont vu de toutes les couleurs depuis le début de la saison de chasse et elles ne se laissent plus berner par des subterfuges peu convaincants.

Vous devez être encore plus astucieux et minutieux si vous souhaitez déjouer les bernaches qui sont assurément plus suspicieuses et habituées de croiser les tirs des nemrods.
Photo courtoisie
Vous devez être encore plus astucieux et minutieux si vous souhaitez déjouer les bernaches qui sont assurément plus suspicieuses et habituées de croiser les tirs des nemrods.

Les bernaches ont été confrontées à de nombreux scénarios et elles ont vu plusieurs congénères et rejetons se faire intercepter par les nemrods. Ces oiseaux sont inévitablement devenus plus nerveux et méfiants. Ils effectuent maintenant plusieurs tours du haut des airs à scruter les champs nourriciers qui les intéressent avant de songer à s’y poser.

Pour en savoir plus sur les techniques à privilégier, j’ai interrogé le spécialiste François Larivière, de Verchères. Voici quelques trucs et astuces qu’il préconise pour cette période de l’année : 

Localisation

La prospection est toujours la clé de la réussite. L’amateur doit savoir qu’en novembre et en décembre les bernaches optent souvent pour des sites de sécurité. Il s’agit de terres plates avec peu de reliefs. Les champs de soya récoltés ou encore les lopins labourés avec de petits buttons seront des endroits de prédilection où les joues blanches se regrouperont et se sentiront sécurisées. Les plus téméraires d’entre elles s’envoleront vers un garde-manger comme une culture de maïs récemment coupée où elles attendront que les autres les joignent bande par bande.

Lors des journées pluvieuses, on retrouve fréquemment des petits attroupements d’outardes dans des emplacements plus propres comme des espaces gazonnés ou des champs de soya récolté. Elles choisissent de tels endroits parce qu’à force de marcher dans les sites nourriciers, leurs pattes deviennent pleines de boue et donc plus lourdes, ce qui nuit à leurs déplacements. En plus de pouvoir s’y décrasser les palmes, elles pourront profiter et se régaler de la tendre verdure. Retenez toutefois que ces anatidés n’y retourneront fort possiblement plus par la suite pendant quelques jours.

Météo

La température joue un rôle important en fin de saison. Lors des matins ensoleillés avec peu de vent et une gelée, les appelants peuvent s’avérer être vos pires alliés s’ils deviennent luisants comme un miroir quand le soleil se pointe le bout du nez. Pour éviter un tel scénario, les passionnés ont intérêt à coucher leurs imitations plastifiées sur le côté et d’attendre que l’horizon s’illumine avant de les positionner à la verticale. M. Larivière indique qu’il est aussi possible de les essuyer avec une serviette en microfibres ou de vaporiser leur portion dorsale avec du lave-glace. 

Si vous avez la possibilité d’adapter votre horaire en fonction des prévisions météorologiques, privilégiez surtout les journées nuageuses et venteuses. 

Contrairement aux semaines passées où les gibiers ailés effectuaient une sortie le matin et une le soir pour se nourrir, à cette période, ils n’en font qu’une seule. Ils passeront la presque totalité de la journée dans le champ. Certains oiseaux dormiront même sur place tandis que d’autres joueront le rôle de sentinelles. L’ajout de coquilles dormeuses ajoutera alors du réalisme à votre aménagement. N’étant plus programmées comme des horloges, elles s’envoleront à n’importe quelle heure en avant-midi ou en début d’après-midi. Le fervent sportif a donc intérêt à bien s’habiller et à être patient.

Attrayant

Pour rassurer les outardes, qui arrivent souvent en plus grand nombre qu’aux mois de septembre et octobre dans votre champ, il est préférable d’utiliser une quantité supérieure d’oiseaux factices. Un assortiment pouvant aller de 75 à 125 appelants est alors tout indiqué. Disposez-les de manière naturelle aux mêmes endroits que vous avez pu les observer la veille lors de votre prospection.

Vos decoys, comme on les appelle communément, doivent être le plus propres possible. La végétation qui recouvre vos caches ne doit pas avoir pâli et doit être identique à celle qu’on retrouve sur le terrain exploité. Retenez que le moindre contraste alertera immédiatement ces gibiers éduqués.

Les appels que vous lancez avec vos calls peuvent rendre les bernaches méfiantes. Il est souhaitable de baisser le volume quand elles font de la reconnaissance et de hausser le ton quand elles s’éloignent.

M. Larivière tient à rappeler que les chasseurs ne peuvent pas s’aventurer là où bon leur semble. Ils doivent obtenir, au préalable, la permission propriétaire du terrain ou de la terre agricole avant de s’y aventurer. 

De tout pour tous

White Tailed Buck Alert for Predators
Photo Adobe Stock

Le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs invite les chasseurs de renard, de coyote et de loup à remplir un sondage d’ici au 1er décembre, à l’adresse https://sondages.mern.gouv.qc.ca/index.php/887229. Le MFFP souhaite ainsi en apprendre davantage sur les habitudes et les besoins des chasseurs de canidés sauvages afin de dresser un portrait plus complet de cette activité de prélèvement. L’Association des chasseurs avec chiens courants espère pour sa part que tous les amateurs, qu’ils chassent les canidés ou non, remplieront le sondage pour ainsi manifester leurs opinions et leurs préoccupations.