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Les vertus de la solitude

Portrait de Véronique Aïache
Photo Astrid di Crollalanza, Flammarion Véronique Aïache

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Vivre seul et en apprécier chaque instant n’est pas donné à tout le monde dans une société souvent conçue pour les couples. Pourtant, plusieurs parmi ceux qui ont choisi de vivre en solo ne pourraient envisager de vivre autrement. À ceux qui craignent la solitude, voilà un ouvrage qui pourrait vous aider à l’apprivoiser.

Pendant que l’on vit une certaine forme de confinement, vivre en solitaire peut paraître encore plus difficile surtout si vous n’avez pas choisi ce style de vie et que vous aimez socialiser et vous retrouver en groupe. Mais sachez que pour plusieurs, la solitude est un état de grâce, même si on ose à peine l’avouer de peur de paraître asocial ou encore en marge de la société.

« Mes moments de solitude sont ceux que je préfère », voilà une affirmation que vous n’avez peut-être pas entendue souvent, mais qui résonne avec ceux de l’auteure française, Véronique Aïache. « J’ai un besoin presque vital de solitude lorsque j’écris », lance-t-elle.

C’est lors d’un échange amical avec son éditrice que Véronique Aïache a évoqué l’idée de liberté qu’avait amenée son divorce et du bonheur intense qu’elle ressent lorsqu’elle est seule et que ses enfants partent en week-end chez leur père. Il n’en fallait pas plus pour que son éditrice lui suggère d’élaborer sur ce thème pour son prochain livre. Une belle façon d’aider ceux qui souffrent de solitude particulièrement par les temps qui courent et à la reconsidérer positivement.

Choisir la solitude

Faire le choix d’être seul, c’est aller à contre-courant dans une société où l’on prône d’être ensemble, et malheureusement, il y a encore beaucoup de préjugés à cet effet. « Vu de l’extérieur, le jugement tombe vite. Si l’on ne veut pas être en couple, c’est qu’on a un problème relationnel. Si l’on préfère passer ses week-ends à coconner à la maison plutôt que faire la sortie des bars avec les amis, c’est qu’on est dépressif, croiront certains », illustre l’auteure. « Et si l’on refuse de se menotter à un groupe, c’est que l’on n’est qu’un grincheux asocial qui n’aime pas les gens. » 

Ainsi, on considérera que les solitaires sont des marginaux puisqu’ils ont fait le choix de ne pas faire comme tout le monde. « Il faut comprendre que derrière leur solitude, se cache le besoin d’être plus près de leur vérité intérieure, sans se sentir obligé de porter un masque social », souligne Véronique Aïache qui s’est souvent remise en question pour trouver la paix intérieure. 

Paix et sérénité

Si la solitude peut ressembler au vide pour les uns, pour plusieurs autres cela s’apparente à faire connaissance avec la paix, la sérénité et l’allégresse. C’est aussi la façon d’apprécier le silence qui émane autour de la solitude. D’ailleurs, de tout temps et dans toutes les cultures, combien ont choisi de s’isoler pour mieux créer ou accéder au savoir ?

« Lorsque l’on a peur de la solitude, c’est que l’on ne la connaît pas. Ou plutôt, que l’on ne se connaît pas. Du moins, assez mal ou pas assez pour ne pas avoir envie de passer du temps avec la personne formidable que l’on est », fait remarquer l’auteure qui évoque également la notion de se faire plaisir. « S’évader dans un bain chaud procure une sensation réconfortante d’abandon. S’offrir un automassage, faire une pause littéraire avec un livre que l’on n’a pas encore eu le temps de lire en dégustant un chocolat chaud ou encore partir faire une séance de magasinage thérapie sont autant de plaisir personnel qui apportera du plaisir à ceux qui se sentent seuls. »

Aussi faut-il faire la différence entre la solitude choisie et l’isolement subi. « Les solitaires volontaires sont des personnes qui ne font pas semblant, qui ne jouent pas de jeu social pour se faire aimer, qui ne se mentent pas et ne composent pas avec ce qui ne correspond pas à leurs valeurs humaines. Dès lors, les liens qu’ils tissent avec les autres sont sans artifice et d’une honnêteté absolue », explique l’auteure.

Et l’amour dans tout cela ? « Paolo Coelho disait, “La solitude n’est pas l’absence d’amour, mais son complément.” Il y a beaucoup d’amour dans la solitude volontaire. Il y a l’amour de soi, et surtout l’amour de la vie dans ce qu’elle a de plus essentiel. C’est en cela, je pense, que l’amour ne va pas sans solitude, et inversement », conclut-elle.


  • Véronique Aïache est journaliste et auteure d’une vingtaine de livres.  
  • Dans la même collection, elle a signé les livres L’art de la quiétude, L’art de ralentir et L’éloge de la liberté.