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Retour à la normalité

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Anormal. Il est anormal dans une démocratie que le candidat qui a reçu le moins de voix gagne une élection. C’est ce qui s’est produit en 2016, c’est ce qui aurait pu arriver en 2020.

Donald Trump n’a à peu près aucune chance de demeurer président pour un second mandat. Bien entendu, il ne reconnaît pas les résultats du vote.

Peu importe. Joe Biden tient des propos sensés. Des propos qu’on attend d’un président américain. Il a lancé en premier lieu un appel à l’unité. Il a aussi dit qu’il serait le président de tous les Américains.

Donald Trump n’a jamais agit comme le président de tous les Américains, même s’il s’y était engagé. C’est pourtant un des aspects à la fois les plus évidents et les plus méconnus des démocraties. Il suffit, dans les démocraties, de se frotter un peu aux élus de n’importe quel parti pour comprendre que généralement, les élus veulent aider tous leurs commettants, sans égard à leur affiliation politique. 

Les Américains réussiront-ils à s’unifier ? Il ne faut pas trop retenir son souffle. Déjà, des républicains expliquent savamment qu’il vaudrait mieux qu’ils gagnent le sénat, pour aider à la réconciliation. Ces mêmes républicains qui n’ont pas attendu l’élection du nouveau président pour nommer un juge à la Cour suprême des États-Unis. 

Déjà, des républicains accusent les démocrates d’avoir rendu la vie infernale à Trump, comme s’ils n’avaient pas détenu la majorité au Congrès pendant deux ans. En d’autres termes, des républicains expliquent que par vengeance, ils pourraient ne pas coopérer.

Jeu dangereux

Ces républicains jouent un jeu dangereux. Avec Biden aux commandes, la population pourrait facilement se retourner contre eux, s’ils font de l’obstruction partisane.

C’est peut-être ici la plus belle leçon de cette élection : même dans une démocratie très imparfaite, la majorité finit toujours par gagner.