/finance
Navigation

Anglade veut une loi pour dompter Walmart et cie

Coup d'oeil sur cet article

Le Québec doit se doter d’une loi pour protéger les fermes familiales et les petits producteurs contre les gros détaillants assoiffés de profit comme Walmart, estime le PLQ.

« Il y a un énorme déséquilibre entre les pouvoirs des agriculteurs et les détaillants comme Walmart et Loblaws, qui ramassent pratiquement tous les profits », déplore la cheffe libérale, Dominique Anglade, en entrevue avec Le Journal.

Cet été, Walmart a mis le feu aux poudres en exigeant des frais de 6,25 % à tous ses fournisseurs pour entre autres développer son commerce électronique. Ce sont des millions de dollars en moins dans les poches des agriculteurs et des transformateurs alimentaires. De gros joueurs comme Loblaws ont suivi, au grand dam de l’Union des producteurs agricoles (UPA).

  • Écoutez Dominique Anglade au micro de Pierre Nantel sur QUB radio:

Mais les cinq grands joueurs de l’alimentation peuvent agir ainsi en raison de leur taille et de leur rapport de force, note Mme Anglade. « Aucune règle n’encadre les négociations avec les fournisseurs. C’est un libre-marché qui devient insupportable », dit-elle.

Profits dans les mains des gros 

Elle souhaite que le Québec s’inspire de la France, de la Grande-Bretagne et de l’Australie, qui ont adopté un « code de conduite » pour encadrer les relations entre fournisseurs et détaillants. Ce code guide les négociations de prix, basées sur la transparence et les coûts de production, de livraison et de vente, et prévoit un mécanisme de résolution des conflits.

Mme Anglade souligne qu’elle a consulté des associations de producteurs et l’UPA. La situation actuelle n’est plus tenable, dit-elle, et nuit à la vitalité des régions. Grâce à l’intervention de l’État, les profits ne seront plus uniquement entre les mains des gros joueurs.

En retournant plus d’argent aux petits producteurs, dit Mme Anglade, les entreprises québécoises pourront offrir de meilleurs salaires à leurs employés, et se détourner de l’agriculture intensive plus polluante.

Elle désamorce d’avance la contre-attaque des grands magasins : l’adoption de cette mesure en Europe ne s’est pas soldée par une hausse des prix pour le consommateur. Mme Anglade croit aussi que le Québec pourrait être un leader canadien et convaincre les autres provinces de le suivre dans ce combat.