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Liberté d’expression: un principe fondateur de notre pays

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Chez nous, au Canada, la liberté d’expression constitue un pilier de notre démocratie. Elle trône parmi les valeurs qui nous sont les plus chères et qu’on ne peut tout simplement pas négocier.  

Ce principe est expressément garanti par l’article 2b de la Charte canadienne des droits et libertés. La Charte, votée par le premier ministre Pierre Elliott Trudeau, confère à tout Canadien le droit, entre autres, de s’informer, de témoigner, de s’organiser, de militer, de se présenter à une élection, et aussi, le droit d’offenser autrui par le biais de ses paroles, faits et gestes (tant que ce ne soit pas de nature criminelle). 

Pourtant, suite aux récents attentats islamistes en France, attentats qui visaient expressément à se venger de notre liberté, le premier ministre Justin Trudeau a jugé bon d’insister sur le fait qu’il ne croyait pas en la liberté d’expression si elle pouvait être utilisée pour offenser quelqu’un. 

Pour être franc, ces propos sont indignes d’un premier ministre canadien. Ils montrent, encore une fois, que M. Trudeau préfère plier devant des lobbies idéologiques plutôt que de se tenir debout pour un principe fondateur de notre pays. 

Disons-nous les vraies affaires: aucun dogme, qu’il soit politique ou religieux, n’est à l’abri de la critique. Comme mon collègue Gérard Deltell l’a si bien dit à la Chambre des communes, «la liberté d’expression n’existe pas seulement quand ça fait notre affaire [...]. Ça doit exister surtout quand ça ne fait pas notre affaire». Et je dirais même plus, la tolérance, qui définit si bien notre pays, ne doit pas être exercée qu’à sens unique. 

Au cours des dernières décennies, nos tribunaux ont porté des jugements phares concernant la liberté d’expression. En vertu de cette jurisprudence, il est clair que la critique, humoristique de surcroît, d’une idéologie ou d’une religion est permise et protégée. Ce sont des jugements importants qui assurent la vitalité de notre sphère publique. Si M. Trudeau souhaite limiter notre liberté d’expression, il doit le dire de manière claire dans le cadre d’une élection, et laisser la population en décider. 

En cette semaine du Souvenir, nous honorons nos anciens combattants qui ont tant sacrifié pour que nous puissions vivre dans un pays où tous peuvent exprimer leur point de vue. Une société libre où les critiques sont acceptées. Il est déplorable que M. Trudeau ait refusé de se tenir côte à côte avec nos alliés français dans la lutte contre l’obscurantisme, alors même que nous honorons le souvenir de Canadiens morts au combat pour libérer la France de la dictature. 

En grand apôtre du bien dont il aime tant projeter l’image, le premier ministre Trudeau a plutôt décidé de nous faire encore une fois la leçon. 

Mais ne nous laissons pas berner. Nous sommes un pays ouvert, accueillant et tolérant. Un pays où tous ont le droit à la parole, aussi choquante soit-elle pour certains. 

Je le dis sans ambiguïté: des débats de société chez nous aux droits de la personne à l’international, un gouvernement O’Toole se tiendra toujours debout pour la liberté d’expression.

Il en va de notre fierté comme Canadiens. 

Erin O'Toole

Chef de l'opposition officielle

Chef du Parti conservateur du Canada

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