/news/transports
Navigation

Des victimes collatérales au rejet du tramway dans sa forme actuelle

iA Groupe financier doit mettre son développement sur pause

Pôle d'échanges de Sainte-Foy
Illustration d’archives, Ville de Québec Cette esquisse présente le pôle d’échanges de Sainte-Foy imaginé sur les terrains d’iA Groupe financier et présentée en mai par la Ville de Québec.

Coup d'oeil sur cet article

Le rejet dans sa forme actuelle du projet de tramway par le gouvernement Legault forcera des entreprises à retarder leurs développements immobiliers, comme c’est le cas pour iA Groupe financier, qui est une victime collatérale de ce revirement de situation. 

• À lire aussi: Réseau structurant: le gouvernement Legault suggère de raccourcir le tracé du tramway

• À lire aussi: Tramway de Québec: les groupes écolos se disent «rassurés» par le ministre Bonnardel

«On avait l’impression d’avancer et là, on va faire du surplace», note Mario Bédard, VP aux placements immobiliers chez iA Groupe financier. 

Des terrains de l’assureur québécois, à proximité du boulevard Laurier, sont ciblés pour l’aménagement du pôle d’échanges de Sainte-Foy. Il s’agit de l’espace de stationnement derrière le Canadian Tire. Aucune transaction n’a encore été conclue entre la Ville et la compagnie. 

La direction d’iA Groupe financier craint maintenant que l’échéancier pour le dévoilement d’une nouvelle mouture bonifiée pour le projet de tramway prenne encore plusieurs mois, voire des années. 

«Même si je voulais me dépêcher à développer un projet, la Ville va revenir chez nous dans quelques mois en me disant : “Ne viens pas commencer un projet lorsque tu sais que nous avons identifié cet endroit comme étant la pierre angulaire pour le tramway”», avance M. Bédard. 

Un frein aux démarches 

Ce dernier souligne analyser différents scénarios qui nécessiteront des investissements de plusieurs dizaines de millions de dollars pour ce site. 

Il confirme devoir maintenant mettre un frein à ses démarches, surtout qu’il pourrait devoir céder une partie de ses terrains à la Ville. 

Le plan A vise la construction d’un immeuble à l’angle du boulevard Laurier et de la route de l’Église, sur les terrains adjacents à l’édifice hébergeant les travailleurs du ministère de la Justice. 

Le défi sera toutefois d’atteindre les normes pour répondre aux besoins en matière de stationnement. 

«Sur le stationnement [derrière le Canadian Tire], on voulait faire du résidentiel. Le fait qu’on se fasse, d’une certaine façon, exproprier, nous avons besoin de trouver 500 nouvelles cases de stationnement pour satisfaire les besoins du ministère de la Justice», explique M. Bédard. 

«L’une des manières pour trouver ces espaces, c’est de creuser sous terre au coin de la rue où il y a notre autre projet. Si on fait cela, il faut toutefois aussi du stationnement pour ce nouvel édifice. C’est complexe», poursuit-il. 

Des impacts pour Cominar ? 

Cette décision concernant le tramway pourrait également chambouler certains plans chez Cominar, qui cherche à développer son site dans le secteur Chaudière, à proximité des détaillants IKEA et Décathlon.  

Selon une récente présentation à ses investisseurs, le fonds de placement immobilier analyse la possibilité d’y construire 1000 unités résidentielles. 

Initialement, il devait s’agir d’un site commercial, mais Cominar a refait ses devoirs avec l’annonce du terminus Le Gendre pour le tramway. 

«Nous respectons le processus qui est en cours et resterons à l’affût des développements de ce projet porteur pour Québec», a affirmé Sandra Lécuyer, vice-présidente, talent et organisation, préférant ne pas commenter les impacts de cette décision sur les projets de l’entreprise immobilière. 

Du côté du groupe GCS Développement Immobilier, la direction a indiqué au Journal que la décision du gouvernement n’aura pas d’impact sur son projet de 125 millions $ sur la ceinture de la Pyramide de Sainte-Foy.  

«Cela ne m’affectera pas trop», a répondu Sylvain Gilbert, président-directeur général. «C’est toutefois une mauvaise nouvelle, car l’économie en a présentement besoin. Ces sommes-là vont aller ailleurs», craint-il.