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L’UPAC défend le travail de ses policiers dans l’enquête contre Normandeau

Le commissaire Gaudreau souligne que l’enquête sur les fuites a nui au dossier

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Malgré un arrêt des procédures qui a empêché la tenue d’un procès, la preuve qui a mené aux accusations contre les ex-ministres Nathalie Normandeau et Marc-Yvan Côté avait été recueillie avec rigueur, affirme le commissaire à la lutte contre la corruption Frédérick Gaudreau.

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M. Gaudreau répondait pour la première fois aux questions, mercredi, après que la Cour du Québec eut décidé de les libérer des accusations retenues contre eux en raison d’inconduites policières ayant provoqué des délais.

Dans une conférence de presse, le commissaire, qui dirige l’Unité permanente anticorruption (UPAC), a reconnu que le travail des policiers a été critiqué par le tribunal.

«Il y a eu, dans le jugement, des paroles très défavorables à l’encontre d’une certaine gestion qui a été faite dans le dossier», a-t-il reconnu.

M. Gaudreau a cependant insisté sur le fait que l’UPAC avait agi en respectant les règles dans le travail d’enquête ayant permis de recueillir des preuves qui ont servi au dépôt d’accusations d’abus de confiance et d’actes de fraude contre Mme Normandeau, M. Côté et leurs coaccusés.

«Ce dossier d’enquête passait le test de la rigueur et pouvait mener à des accusations, a déclaré M. Gaudreau. Si ça s’était rendu à procès, le test aurait pu être fait par les tribunaux.» 

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Fuites

Le commissaire a souligné que le travail des enquêteurs avait convaincu les procureurs de la Couronne de déposer des accusations, notamment contre Mme Normandeau et M. Côté, en 2016.

Selon M. Gaudreau, «le jugement ne remet pas en question l’enquête qui a été faite dans ce dossier-là».

«On remet en question l’enquête sur les fuites, qui est une autre chose, et c’est ce qui a sabré la possibilité d’aller en procès dans ce dossier-là, et c’est mon opinion», a-t-il dit.

En 2017, le prédécesseur de M. Gaudreau, Robert Lafrenière, avait déclenché une enquête sur des fuites, dans les médias, de renseignements des enquêtes de l’UPAC.

À la tête de l’UPAC depuis 2019, M. Gaudreau avait pris ses distances vis-à-vis des pratiques de son prédécesseur dès sa nomination par intérim, en 2018. Il avait notamment souligné qu’il n’aurait jamais mandaté des policiers de l’UPAC pour enquêter sur leurs propres collègues, comme l’a fait M. Lafrenière dans le dossier des fuites.