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L'enveloppe de 3,3 G$ pourrait s’avérer insuffisante pour améliorer le tramway

L'enveloppe de 3,3 G$ pourrait s’avérer insuffisante pour améliorer le tramway
Photo courtoisie, Ville de Québec

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Comme le gouvernement Legault exige des changements au réseau structurant de transport en commun de Québec, l’enveloppe budgétaire de 3,3 G$ pourrait s’avérer insuffisante, préviennent des experts interrogés hier par Le Journal.

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Jean Mercier, professeur associé au département de science politique de l’Université Laval (UL) et spécialisé en transport urbain durable, soutient que «l’estimation des coûts du projet a été faite il y a déjà quelques années. Le coût anticipé alors ne doit pas devenir une camisole de force maintenant. Ce ne serait ni grave ni fatal de revoir les coûts à la hausse». 

Selon lui, «cela pourrait même permettre d’avoir un projet meilleur, qui réussirait à intégrer certains morceaux que l’on a dû laisser tomber justement à cause de l’estimation actuelle des coûts».

Problème de base 

Dans la même veine, Marie-Hélène Vandersmissen, directrice du département de géographie à l’UL, pense que «l’idée de départ de bâtir un réseau de transport structurant en fonction d’une enveloppe budgétaire prédéterminée semble le problème de base. Normalement, on part des besoins, de la base et ensuite on travaille avec des scénarios budgétaires».

D’après elle, «il y a sans doute des améliorations possibles à faire à l’intérieur de cette enveloppe, mais si les gouvernements sont sérieux et si effectivement, on veut un projet de transport structurant régional, je crains que les budgets actuels soient insuffisants».

Pour Jean Dubé, chercheur à l’UL et auteur d’un rapport sur le télétravail pour le compte du BAPE, il est «difficile de faire mieux avec le budget accordé, surtout si on s’entend sur la place importante du tramway (comme le propose le ministre Bonnardel). On peut toujours avoir un meilleur projet, mais il sera fort probablement plus cher». 

Nuances 

Plus nuancée, Fanny Tremblay-Racicot, professeure adjointe à l’École nationale d’administration publique (ENAP) et spécialiste en transport urbain, juge possible que le projet soit amélioré à l’intérieur de l’enveloppe budgétaire actuelle. «Mais il faudrait revoir le(s) tracé(s) et les technologies retenues pour les différentes composantes du réseau structurant», expose-t-elle. 

Mme Tremblay-Racicot réitère que le tracé actuel du tramway n’est pas «optimal». Il est d’abord et avant tout «basé sur un choix politique et non pas sur un choix qui aurait pour effet de maximiser le transfert modal», regrette-t-elle.

– Avec la collaboration de Jean-Luc Lavallée