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Le Québec poussé vers un déficit historique

Le montant sur trois ans atteint 30 milliards $

Le ministre des Finances, Eric Girard, a présenté la mise à jour économique, jeudi, à l’Assemblée nationale. Il y a une rupture avec la tradition de se projeter sur cinq ans : le document ne s’avance pas plus loin qu’en 2022-2023.
Photo Stevens LeBlanc Le ministre des Finances, Eric Girard, a présenté la mise à jour économique, jeudi, à l’Assemblée nationale. Il y a une rupture avec la tradition de se projeter sur cinq ans : le document ne s’avance pas plus loin qu’en 2022-2023.

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La pandémie pousse le Québec vers un déficit historique de 15 milliards $ cette année. Le retour à l’équilibre risque d’être brutal puisque la province traînera un boulet de 8 G$ l’an prochain et de 7 G$ en 2022-2023.

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Québec compte désespérément sur une hausse des transferts en santé du fédéral pour compenser l’explosion des dépenses liées à la gestion de la crise sanitaire, et sur les investissements pour relancer l’économie, frappée par la « pire récession depuis la Deuxième Guerre mondiale ». 

  • Écoutez l'analyse de Caroline St-Hilaire et d'Antoine Robitaille avec Benoit Dutrizac sur QUB Radio:  

« Nous estimons que le déficit structurel qui restera après la crise sera de l’ordre de 5,5 à 7 milliards par année », a expliqué le ministre des Finances Eric Girard jeudi.

Le déficit cumulé des trois prochaines années sera de 30 G$.

Dans son communiqué de presse, écrit par le cabinet politique de M. Girard, le gouvernement Legault promet que « nous reviendrons à l’équilibre budgétaire d’ici cinq ans, sans couper dans les services et sans augmenter les taxes et impôts ».

Comment y parvenir ? La réponse à cette question ne se trouve pas dans la mise à jour économique concoctée par les fonctionnaires du ministère des Finances.

Il y a une rupture avec la tradition de se projeter sur cinq ans : le document ne s’avance pas plus loin qu’en 2022-2023, où il prédit un trou de 7 G$.

Le ministre Girard a plaidé l’instabilité du moment, alors que nous sommes « au cœur de la deuxième vague ».

Comment y parvenir? La réponse à cette question ne se retrouve pas dans la mise à jour économique concoctée par les fonctionnaires du ministère des Finances. Il y a une rupture avec la tradition de se projeter sur cinq ans: le document ne s’avance pas plus loin qu’en 2022-2023, où il prédit un trou de 7 G$. Le ministre Girard a plaidé l’instabilité du moment, alors que nous sommes « au cœur de la deuxième vague » et que le monde tente de se remettre de la « pire récession depuis la Deuxième Guerre mondiale ».

Le ministre des Finances, Eric Girard, a présenté la mise à jour économique, jeudi, à l’Assemblée nationale. Il y a une rupture avec la tradition de se projeter sur cinq ans : le document ne s’avance pas plus loin qu’en 2022-2023.
Photo Stevens LeBlanc

Il est loin, le chemin

Le « chemin vers le retour budgétaire » sera tracé dans le prochain budget Girard.

Le ministre s’appuie sur trois « vecteurs ». Il veut contrôler de façon serrée la hausse des dépenses. Il espère une embellie de l’économie en 2022, qui permettra d’effacer les pertes des deux années pandémiques.

Mais on comprend qu’il attend surtout un gros chèque d’Ottawa. Québec espère obtenir, annuellement, 6,2 G$ en plus du gouvernement fédéral grâce à une augmentation des transferts fédéraux en santé, grâce à un front commun des provinces et territoires.

Quant à l’important déficit du Québec, il s’explique assez simplement. Les mesures de confinement, nécessaires pour sauver des vies, ont étouffé l’économie, ce qui a provoqué une chute des revenus.

En contrepartie, les dépenses de l’État en santé et en soutien aux citoyens et aux entreprises ont explosé.

Qui sont les hommes et les femmes derrière nos politiciens? Emmanuelle présente... un balado animé par Emmanuelle Latraverse.

PIB ratatiné

En bref : le PIB québécois s’est ratatiné de 6 % cette année et il doit rebondir de 5 % l’an prochain.       

  • Écoutez le député du Parti libéral André Fortin avec Benoit Dutrizac sur QUB radio:   

Prisonniers de leur maison, les Québécois ont moins consommé (moins de taxes), moins travaillés (moins d’impôts) et les sociétés d’État ont été moins performantes, avec des revenus en chute d’un milliard.

En contrepartie, l’État a dépensé sans compter. Par exemple, le budget du ministère de la Santé a été haussé de près de 5 G$, dont 2 G$ pour verser des primes aux « anges gardiens » et pour payer les salaires des nouveaux préposés, 2,2 G$ pour acheter masques, jaquettes et autre matériel de protection, et près de 1 G$ pour notamment faire les tests de dépistage de la COVID-19.

Le ministre des Finances, Eric Girard, a présenté la mise à jour économique, jeudi, à l’Assemblée nationale. Il y a une rupture avec la tradition de se projeter sur cinq ans : le document ne s’avance pas plus loin qu’en 2022-2023.
Photo Stevens LeBlanc

 

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Le ministre des Finances, Eric Girard, a présenté la mise à jour économique, jeudi, à l’Assemblée nationale. Il y a une rupture avec la tradition de se projeter sur cinq ans : le document ne s’avance pas plus loin qu’en 2022-2023.
Photo d'archives

« C’est un immense montant que le Québec demande au fédéral [et] ce n’est peut-être pas très habile que d’abattre ses cartes comme ça, en disant d’emblée : Moi, j’ai absolument besoin de ce gros morceau d’argent venant d’ailleurs, sans condition. Disons que M. Girard a abattu ses cartes un peu vite » 

— Vincent Marissal, Québec solidaire

Le ministre des Finances, Eric Girard, a présenté la mise à jour économique, jeudi, à l’Assemblée nationale. Il y a une rupture avec la tradition de se projeter sur cinq ans : le document ne s’avance pas plus loin qu’en 2022-2023.
Photo d'archives

« C’est une occasion manquée. [...] M. Girard est beaucoup trop proche de son portefeuille, de ses sous, et ce n’est pas le moment, c’était maintenant qu’il fallait investir massivement »

— Carlos Leitão, Parti libéral du Québec  

  • Écoutez l'entrevue de Pierre Nantel avec Carlos Leitao sur QUB radio:    

Le ministre des Finances, Eric Girard, a présenté la mise à jour économique, jeudi, à l’Assemblée nationale. Il y a une rupture avec la tradition de se projeter sur cinq ans : le document ne s’avance pas plus loin qu’en 2022-2023.
Photo d'archives, La Presse canadienne

« Tout ce plan, cette mise à jour économique, repose en fait sur l’aide du fédéral, un transfert en santé qui est demandé par les provinces, dans le contexte où la CAQ a une moyenne au bâton de 0 en 18 au niveau des demandes au niveau du fédéral »

— Paul Saint-Pierre Plamondon, Parti québécois

Le ministre des Finances, Eric Girard, a présenté la mise à jour économique, jeudi, à l’Assemblée nationale. Il y a une rupture avec la tradition de se projeter sur cinq ans : le document ne s’avance pas plus loin qu’en 2022-2023.
Photo courtoisie

« Pour l’instant, le gouvernement de la CAQ évite le piège de l’austérité, mais il n’utilise pas pleinement le levier important des services publics pour relancer l’économie » 

— Sonia Éthier, Centrale des syndicats du Québec

Le ministre des Finances, Eric Girard, a présenté la mise à jour économique, jeudi, à l’Assemblée nationale. Il y a une rupture avec la tradition de se projeter sur cinq ans : le document ne s’avance pas plus loin qu’en 2022-2023.
Photo courtoisie

« Pour les secteurs les plus touchés comme la restauration, l’hébergement et toute l’industrie touristique, une partie de ces aides vient sous forme d’endettement, souvent bien au-delà des capacités réelles de remboursement des entreprises »

— Karl Blackburn, Conseil du patronat   

  • Écoutez la chronique de François Lambert à QUB radio:   

Déficits (incluant le versement au Fonds des générations)  

2020-2021: 15 milliards 

2021-2022 : 8,25 milliards 

2022-2023 : 7 milliards 

Les dépenses de programmes sont de 119,5 milliards cette année. Elles sont en hausse de 13,9 milliards.