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Un grand du karaté canadien perd son combat contre la COVID-19

Le membre du Temple de la renommée des ceintures noires Marc Asselin est décédé du coronavirus

Marc Asselin Temple de la renommee
Photo courtoisie Marc Asselin a été intronisé au Temple de la renommée des ceintures noires du Canada en 2018.

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Le maître de karaté Marc Asselin avait déjà vaincu des adversaires très coriaces, mais le Québécois, terrassé par un AVC en 2016, a perdu son dernier combat contre la COVID-19 à l’âge de 79 ans.

Le nombre total de décès liés à la COVID-19 s’élève désormais à 6586 au Québec, mais semaine après semaine, des visages connus s’ajoutent à la liste.

Marc Asselin au sommet de son art dans les années 70.
Photo courtoisie
Marc Asselin au sommet de son art dans les années 70.

Jeudi soir, Hanshi Marc Asselin, ceinture noire 9e dan, s’est éteint au 15e étage de l’hôtel Le Concorde, où il avait été transporté le 6 novembre après un dépistage positif.

Depuis plus de 40 ans, il a formé environ un millier de ceintures noires et dirigé pendant 25 ans la Fédération Yoseikan Karaté-Do.

«Je ne pensais pas que son départ toucherait autant de gens. J’étais près de lui pour l’accompagner. Ce fut mon maître de karaté. Il venait me chercher chez moi pour aller faire des démonstrations et participer aux compétitions», relate le professeur de karaté Steve Dorion.

En 2016, le professeur de karaté Steve Dorion avait rejoint le maître de karaté alors coincé au Cambodge après un AVC.
Photo courtoisie
En 2016, le professeur de karaté Steve Dorion avait rejoint le maître de karaté alors coincé au Cambodge après un AVC.

Une belle carrière sportive

Originaire de Val-Bélair, Marc Asselin est né au sein d’une famille de 16 enfants. Il a longtemps fabriqué des raquettes et des canots sur le territoire de Wendake.

À travers les camps, les galas et autres événements de karaté, le point de rassemblement a longtemps été le dojo central, rue Saint-Joseph, à Québec.

En 2009, après une belle carrière sportive, il était parti vivre au Cambodge, mais comme dans un scénario de film, il avait dû être rapatrié en 2016 après un foudroyant AVC.

Le pauvre homme était alors coincé au Cambodge après une longue hospitalisation dans un établissement de santé qui retenait son passeport pour une facture impayée.

Mal en point, le long calvaire de Marc Asselin avait pris fin après 100 jours. Steve Dorion l’avait alors rejoint dans un refuge pour orphelins, à 100 km de Phnom Penh. Des proches avaient réussi à amasser la somme d’argent nécessaire. 

Paul Ohl, Ami du défunt
Photo d'archives
Paul Ohl, Ami du défunt

Un effort collectif

«Il est bien maintenant. Il est délivré, même si nous avons un deuil à faire. J’ai remercié encore quatre ans plus tard le groupe de huit que nous étions à l’époque. Ce fut un succès quant à l’engagement spontané», ajoute l’auteur Paul Ohl, un ami du défunt.

Jean-Pierre Charbonneau, ex-président de l’Assemblée nationale, John Therien, personnalité influente du monde des arts martiaux, et Jean-Yves Thériault, un kick-boxer réputé, ont notamment participé à cet effort humanitaire.

Membre du Temple de la renommée des ceintures noires du Canada, Marc Asselin avait conservé des séquelles importantes de ses deux accidents vasculaires cérébraux. Le septuagénaire vivait au Centre d’hébergement d’Assise, dans le secteur de Limoilou.