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Vice-présidente et record de femmes élues: le nouvel élan de la politique américaine

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Photo AFP

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Avec Kamala Harris, première femme vice-présidente des États-Unis, et un record d’élues au Congrès, dont un nombre inédit de républicaines, la rentrée politique en janvier marquera une étape historique à Washington.

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Sénatrice et ex-procureure, la colistière du président élu Joe Biden va multiplier, à 56 ans, les titres de pionnière lors de son investiture le 20 janvier: première femme vice-présidente des États-Unis, première personne noire et d’origine indienne à occuper cette fonction.

«Ensemble, nous avons montré à toutes les petites filles du pays ce qu’il est possible d’accomplir», a tweeté vendredi Kamala Harris.

Un nouvel écho au discours de Hillary Clinton lorsqu’elle avait reconnu sa défaite face à Donald Trump en 2016.

«Je sais que nous n’avons pas encore brisé le plus haut et le plus dur des plafonds de verre», celui de la Maison-Blanche, «mais un jour, quelqu’un le fera, et, espérons-le, plus tôt qu’on ne l’imagine», avait alors déclaré la candidate démocrate avant de lancer un message ému «à toutes les petites filles»: «Vous méritez toutes les opportunités du monde pour tenter d’atteindre et de réaliser vos rêves.»

Depuis ces mots, il y a quatre ans, le visage de la politique américaine a été transformé.

Au Congrès et, bientôt, à la Maison-Blanche.

«Avec Kamala Harris, de nombreux plafonds de verre ont été brisés en un jour», remarque Amy Dacey, experte en politique de l’American University et ex-responsable du Parti démocrate.

Le futur chef de cabinet de Joe Biden, Ron Klain, a indiqué qu’elle jouerait un rôle «significatif», rappelle Mme Dacey. «Et je pense que [Joe Biden] va nommer beaucoup de femmes à tous les rangs de l’administration [...], à des fonctions importantes.»

La sénatrice progressiste Elizabeth Warren ou l’une des responsables de la Banque centrale américaine (Fed), Lael Brainard, sont pressenties pour le ministère du Trésor, qui n’a jamais été dirigé par une femme.

Les États-Unis pourraient aussi avoir leur première femme ministre de la Défense. Le nom de Michèle Flournoy, ex-numéro 3 du Pentagone, circule avec insistance.

Donald Trump a aujourd’hui deux femmes ministres — au Transport et à l’Éducation —, soit Elaine Chao et Betsy DeVos. Il a, dès sa campagne de 2016, nommé plusieurs femmes comme hautes conseillères et porte-parole à la Maison-Blanche.

Mais le milliardaire républicain s’est aussi illustré par des commentaires sexistes et injurieux au cours de son mandat, attaquant parfois les femmes sur leur physique. En octobre, il a qualifié Kamala Harris de «monstre».

«Impact considérable»

Au Congrès, les Américains avaient déjà élu un nombre record de femmes en 2018. Le 3 novembre dernier, un nouveau seuil a été franchi.

«Cette élection marque un progrès continu pour les femmes en politique américaine», souligne Kelly Dittmar, directrice de recherche au CAWP, qui dépend de l’université Rutgers.

«Et elle aura un impact considérable», explique-t-elle à l’AFP. «Car en plus d’entrer littéralement dans la gouvernance, elles apportent leurs expériences de vie et des perspectives différentes qui sont encore sous-représentées.»

Certains résultats restent encore incertains, mais au moins 140 femmes prendront, lors de la rentrée parlementaire du 3 janvier, leurs fonctions sous le dôme du Capitole, selon le Centre d’études sur les femmes américaines en politique (CAWP).

Le Congrès compte actuellement 127 femmes, soit 23,7% des 435 sièges de la Chambre des représentants et des 100 sièges du Sénat.

Même si leur présence augmentera à la rentrée parlementaire jusqu’à 26% des sièges, il reste du chemin à faire: les femmes représentent la moitié de la population américaine.

Les élues démocrates occuperont alors 105 sièges (89 à la Chambre et 16 au Sénat).

Les républicaines seront au moins 35 (27 à la Chambre et au moins huit au Sénat). Soit bien moins que leurs collègues, mais un bond impressionnant par rapport aux 22 élues actuellement. Et un record chez les républicains.

Les candidates républicaines «ont fait mieux que prévu», affirme Kelly Dittmar. Elles restent «largement sous-représentées, mais cela devrait envoyer un message quant à leur capacité à être élues, et donc, espérons-le, accroître leur influence au sein du parti pour s’assurer que plus de femmes seront élues à l’avenir».

Interrogée sur ce nombre record de républicaines, la présidente démocrate de la Chambre Nancy Pelosi, première femme à occuper le perchoir, a présenté vendredi ses félicitations à «chacune d’entre elles».