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Bonne préoccupation, mauvaise idée

Le ministre de l'Éducation, Jean-François Roberge
PHOTO D'ARCHIVES Le ministre de l'Éducation, Jean-François Roberge

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La Loi sur l'instruction publique imposait aux commissions scolaires de mettre en place une procédure de réception des plaintes pour les parents d’usagers ainsi que la nomination d’un protecteur de l’élève pour entendre leurs doléances.

Cette responsabilité s’est transférée aux centres de services scolaires avec l’abolition des commissions scolaires. Toutefois, il semble que le mécanisme s’avère laborieux et inefficace.

Le ministre Roberge souhaiterait détacher cette responsabilité des centres de services et désigner de tels protecteurs à un niveau régional.

La députée Christine Labrie de Québec solidaire le presse d’agir promptement, se plaignant de voir des parents désemparés qui se perdent dans les dédales de l’administration et qui finissent par s’adresser aux députés ou aux médias.

La situation s’améliorera-t-elle vraiment avec des protecteurs de l’élève nommés par le ministre et redevables à celui-ci? 

Si on regarde le peu d’empressement des gouvernements à suivre les recommandations du vérificateur général du Québec ou de la protectrice du citoyen, on peut fortement douter que les parents y trouvent plus de satisfaction!

Les parents avaient un recours direct avec les commissaires élus et pouvaient les virer dans une élection scolaire. Il devient plus difficile maintenant de faire entendre une voix qui doit se rendre jusqu’à Québec pour se plaindre de services financés par le gouvernement et qui s’avèrent insuffisants.

Croit-on raisonnablement que le ministre admettrait sa propre turpitude?

Quant à Mme Labrie, elle semble vouloir se débarrasser de la patate chaude avec une recette digne des partis communistes d’antan en créant un similirégime d’inspecteurs qui ne sera qu’une pression supplémentaire sur les milieux scolaires sans nécessairement mieux les pourvoir en moyens.

Si l’objectif de la CAQ était de réduire la bureaucratie avec l’abolition des commissions scolaires, il apparaît qu’elle tend plutôt à s’accroître. Point encore plus dramatique, les usagers auront de moins en moins de pouvoir sur leur administration scolaire.