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Même sur leur lit de mort, certains refusent toujours de croire à la COVID-19

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AFP

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Même à l’article de la mort, certains patients atteints de la COVID-19 refusent toujours de croire qu’ils sont atteints du virus et décèdent remplis de colère et de haine, sans même avoir pu dire adieu à leurs proches. 

Infirmière dans une urgence de l’État du Dakota du Sud, aux États-Unis, Jodi Doering est confrontée à ce genre de scènes surréalistes presque tous les jours. Exaspérée, l’infirmière a enfilé une série de messages sur Twitter devenus viraux ce weekend sur la nécessité pour ses compatriotes de prendre sérieusement la COVID-19.

«Je ne peux m’empêcher de penser à tous ces patients qui ne croient pas que le virus existe. Ceux qui nous invectivent en nous demandant un médicament magique ou qui affirment que Joe Biden va ruiner les États-Unis. Tout ça en ayant de la difficulté à respirer», a-t-elle notamment écrit.

En entrevue lundi avec le réseau CNN, l’infirmière est revenue sur son expérience des derniers mois.

«Ce qui est le plus difficile, c’est de voir des personnes chercher quelque chose d’autre. Ils veulent une solution miracle et ne veulent pas croire que la COVID-19 existe», a-t-elle dit.

Certains patients croient carrément être atteints de l’influenza ou d’une pneumonie, alors que tous les symptômes de la COVID-19 sont réunis. «Certains nous ont même dit qu’ils croyaient avoir un cancer du poumon. Même après avoir reçu un diagnostic positif, certaines personnes n’y croient toujours pas», a mentionné Mme Doering.

«Leurs derniers mots sont “ça ne peut pas arriver”, “ce n’est pas vrai”, raconte-t-elle. Plutôt que de profiter de leurs derniers moments pour parler à leurs proches, ils sont remplis de colère et de haine. Ça m’a rendue triste de penser que ce serait leurs dernières paroles et pensées.»

«Quand on essaie de les raisonner pour leur demander si on peut appeler leur femme, leurs enfants, leur frère, leur sœur, et qu’ils disent non, car ils sont persuadés qu’ils s’en sortiront, [...] ça nous rend tristes, en colère et frustrées», a-t-elle ajouté.

L’infirmière aimerait que ses concitoyens du Dakota du Sud, où le nombre de cas a explosé depuis le mois de septembre pour atteindre la barre des 65 000 au cours des derniers jours, prennent au sérieux la COVID-19 et cessent de politiser le virus.

«La réalité, c’est que nous sommes un petit État. La ville dans laquelle je vis compte 650 habitants et nous avons environ 680 décès [dans l’État] en ce moment. C’est une ville en entier complètement disparue de la carte», a-t-elle dit.

Le Dakota du Sud compte près de 885 000 habitants, c’est environ 80 000 personnes de plus que la grande région métropolitaine de Québec. Pourtant, l’État enregistre actuellement autour de 1200 nouveaux cas par jour, soit le même genre de statistiques que pour la province de Québec et ses huit millions d’habitants.