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La Davie aurait pu faire économiser des milliards au fédéral

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Le chantier Davie de Lévis aurait pu faire économiser entre 2 et 3 milliards $ à Ottawa si la Défense nationale était allée de l'avant avec les projets de navires ravitailleurs Astérix et Obélix, plutôt que de commander deux navires flambants neufs.

Dans une étude parue mardi, le Directeur parlementaire du budget (DPB) a confirmé les estimations de la Marine royale canadienne, qui juge que ses deux nouveaux navires ravitailleurs militaires lui coûteront environ 4,1 milliards $. Ceux-ci doivent être prêts respectivement en 2023 et 2025.

En attendant, le fédéral avait accordé un contrat à la Davie pour convertir un navire civil en bâtiment de ravitaillement. Ce dernier, le Astérix, détenu par le chantier maritime, est présentement loué à la Marine jusqu'en 2023 pour un montant qui devrait totaliser 733 millions $.

La Défense aurait ensuite l'option d'acheter le navire à la fin du contrat. L'acquisition de ce dernier et d'un second bâtiment converti, l'Obélix – un projet qui avait été torpillé par le gouvernement et n'a jamais vu le jour –, coûterait environ 1,4 milliard $, estime le DPB.

L'achat des deux navires convertis en lieu et place du Programme de navires de soutien interarmées aurait ainsi pu faire économiser des milliards de dollars à Ottawa, a conclu le directeur parlementaire du budget, Yves Giroux.

Pas juste une question d'argent

La Défense nationale s'est défendue en arguant que ses nouveaux navires de ravitaillement seront bien mieux équipés que le Astérix pour des missions militaires.

Contrairement au Astérix, les bâtiments commandés par la marine pourront notamment détecter les mines et accueillir un hélicoptère CH-148 Cyclone, en plus d'être armés pour se défendre à courte portée, tout en étant plus résistants face à d'éventuelles avaries.

«Aucune modification au NM Asterix ne pourrait fournir la capacité de survie offerte par un navire spécialisé», a plaidé la Défense nationale, en ajoutant que le DPB sous-estime le coût d'entretien d'un navire civil converti à long terme.

«Choquant»

Ces révélations ont, malgré tout, fait bondir le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet.

«On a la preuve que ç'a coûté, aux contribuables canadiens, dans le but de ne pas dépenser à la Davie, au-delà de 2 milliards $. [...] Le gouvernement va devoir nous expliquer c'est quoi son problème. Y'haïs-tu la région de Québec à ce point-là», s'est insurgé le politicien lors d'un point de presse mardi.

Ce dernier a rappelé, au passage, que le programme de remplacement des destroyers et frégates canadiens par de nouveaux navires de combat s'est conclu par l'octroi de contrats majeurs aux chantiers Irving, en Nouvelle-Écosse, et Seaspan, en Colombie-Britannique, même si ces derniers ne disposent pas d'autant de capacité que la Davie.

«Il y a encore des contrats à donner. Il reste des navires à construire [...] Ils ont une obligation d'équité», a lancé le chef bloquiste en appelant le gouvernement à considérer le chantier de Lévis pour ses futurs contrats de construction navale.