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Un «couteau à steak» pour tuer sa mère

Le procès du jeune autiste accusé de meurtre se poursuit

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C’est parce que sa mère venait de lui prendre son iPod et qu’il était fâché que le jeune autiste accusé de meurtre a frappé sa mère « jusqu’à ce qu’il n’ait plus d’énergie » et qu’il est allé chercher « un gros couteau à steak » pour la poignarder.

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Cette triste confession, c’est à l’enquêteur Olivier Simard du Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) que le jeune Jérémy (prénom fictif), alors âgé de 17 ans, l’a faite, le 17 février 2019, au lendemain du terrible drame survenu dans un appartement de Limoilou. 

Dans le cadre de l’interrogatoire présenté en preuve au deuxième jour du procès, on y voit un jeune homme calme qui semble vouloir fournir les réponses au meilleur de ses connaissances. 

« Est-ce que tu sais qui je suis, Jérémy ? », questionne le policier. « Tu veux comprendre pourquoi que j’ai fait ça sur maman », répond le jeune homme en mimant un coup de couteau qu’il place à la hauteur de son cou. 

« C’est ça. Ils m’ont choisi pour venir te rencontrer », répond l’enquêteur Simard. « À cause de quoi ? Parce que t’es pas mal le meilleur pis le plus gentil ici ? », questionne alors Jérémy, naïvement. 

Habitant dans une résidence qui accueille les personnes ayant une déficience intellectuelle ou un trouble du spectre de l’autisme, le jeune homme était venu passer le week-end chez sa mère, comme il le faisait régulièrement toutes les deux semaines.

Il s’est fâché

Ce jour-là, la mère et son fils sont allés acheter un iPod chez Costco. En soirée, le jeune autiste a toutefois eu un problème avec le mot de passe de son nouvel achat. Lorsque sa mère a voulu le lui prendre des mains, « parce qu’il allait le boguer », le jeune s’est fâché. 

« J’ai été chercher un gros couteau à steak, pis là, j’ai fait tak ! », a-t-il mimé, encore une fois, en donnant un coup imaginaire.

Quelques minutes avant de conclure l’interrogatoire, le jeune homme demande, doucement : « Olivier, est-ce que mon beau-père y’a beaucoup de peine ? », ce à quoi l’enquêteur répond par l’affirmative.  

Pourtant, plus tôt, deux intervenants ayant côtoyé le jeune autiste avaient précisé à la Cour que Jérémy « avait des difficultés au niveau de son attachement » et qu’il « n’avait pas d’empathie envers les autres ».