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Côte-Nord: les Innus approuvent l'agrandissement du parc à résidus de la mine du lac Bloom

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Le Conseil des Innus de Uashat mak Mani-Utenam (ITUM) accorde son consentement à l'agrandissement du parc à résidus miniers de la mine du lac Bloom, près de Fermont, sur la Côte-Nord.

Les mesures d'atténuation proposées par Minerai de fer Québec satisfont le porte-parole du Conseil, André Michel, qui s'est exprimé mardi soir devant le Bureau d'audience publique sur l'environnement (BAPE).

Le projet touchera le territoire ancestral des Innus qui le fréquentent pour la chasse et la pêche. L'accord du Conseil repose sur une entente sur les répercussions et les avantages (ERA) signée avec la compagnie minière en 2017. Les mesures pour minimiser les impacts du projet y sont incluses.

«Même si une ERA est signée, ce n'est pas un chèque en blanc», a indiqué André Michel, devant le président de la commission, Pierre Magnan. Ce dernier s'est interrogé sur le refus des représentants des Innus de fournir au BAPE une copie de l'entente. L'avocat représentant le bureau de la protection des droits du territoire d'ITUM, Morgan Kendall, a expliqué que cette entente est confidentielle, comme le sont toutes celles conclues entre des Premières Nations et des compagnies minières.

«C'est une question d'autonomie gouvernementale», a-t-il ajouté. Selon ITUM, l'entente et les nombreuses consultations tenues au cours des dernières années prouvent l'acceptabilité sociale du projet.

La représentante du regroupement des résidents du lac Daigle, situé à moins d'un kilomètre de la halde à stérile projetée, s'est opposée au projet tel que présenté.

Martine Cotte croit que Minerai de fer Québec devrait agrandir son parc à résidus plus au nord. «Oui au projet, mais pas au détriment de notre qualité de vie», a-t-elle déclaré, craignant les impacts environnementaux de l'accumulation de résidus dans le même bassin versant que le lac.

La quiétude des 25 personnes qui y vivent de façon permanente est compromise, selon Martine Cotte. «Nous souhaitons garder notre petit coin tranquille», a-t-elle ajouté.

Elle veut que les résidents reçoivent des compensations si le projet de la halde sud se réalise.

Un citoyen de Fermont travaillant dans l'industrie minière a déposé un mémoire mettant en lumière la relation étroite entre sa ville et les entreprises minières. Ces dernières emploient de plus en plus d'employés sous la formule «fly in fly out», permettant à des gens d’autres régions de venir travailler sur la Côte-Nord et d’ensuite retourner chez eux, et ainsi de suite.

Souhaitant favoriser la croissance et la rétention de la population, Dave Bouchard plaide pour le développement d'attraits municipaux modernes et propose à la compagnie minière de développer un parc linéaire de 1,6 km dans le périmètre urbain de Fermont.

Le syndicat des Métallos représentant 375 employés syndiqués de Minerai de fer Québec s'est montré favorable au projet qui consolide l'économie de la Côte-Nord, selon le coordonnateur Nicolas Lapierre. «Nous nous en remettons ultimement au jugement du BAPE pour déterminer la portée des mesures d'atténuation optimales», a indiqué M. Lapierre.