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Saint-Roch accueillera le centre d’injection supervisée

Le service sera offert dans les actuels locaux de la Clinique SABSA

Les actuels locaux de la Clinique SABSA seront transformés en service de consommation supervisée d’ici février 2021.
Photo Stevens Leblanc Les actuels locaux de la Clinique SABSA seront transformés en service de consommation supervisée d’ici février 2021.

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Le centre d’injection supervisée attendu depuis plusieurs années à Québec aura finalement pignon sur rue à la limite des quartiers Saint-Roch et Saint-Sauveur, dans les locaux actuels de SABSA.

Le service de consommation supervisée (SCS) sera implanté sur la rue Saint-Vallier, là où la clinique communautaire recevait ses patients.

C’est donc dire que les locaux principaux de SABSA déménageront eux aussi, en janvier, au 265, de la Couronne.

« La relocalisation de la clinique SABSA, un endroit déjà bien connu des usagers, a offert une opportunité d’implantation sans précédent », souligne la direction du CIUSSS de la Capitale-Nationale.

Prêt en février 2021

SABSA et le CIUSSS visent pour le moment une mise en activité du site de consommation supervisée en février 2021. 

Des dépenses d’environ 500 000 $ sont prévues pour l’aménagement, puis un budget de moins d’un million de dollars par année sera nécessaire pour le fonctionnement. Six personnes y travailleront, notamment des infirmières.

« C’était urgent »

Cette ouverture marquera l’aboutissement d’un dossier qui n’en finissait plus de finir. Un rapport publié en 2015 soulignait déjà l’importance pour Québec de se doter de ce type d’installation. Un avis partagé par les consommateurs de drogues injectables eux-mêmes.

Sébastien Lévesque, utilisateur et représentant de l’ADDICQ, une association de défense des utilisateurs de drogues par injection.
Photo Stevens Leblanc
Sébastien Lévesque, utilisateur et représentant de l’ADDICQ, une association de défense des utilisateurs de drogues par injection.

« C’était urgent. Moi, personnellement, ça fait plus de 10 ans que je vais à des réunions où on nous questionne pour savoir si ces services-là sont pertinents », martèle Sébastien Lévesque, lui-même utilisateur et représentant de l’ADDICQ, une association de défense des droits des consommateurs.

La direction du CIUSSS assure de son côté que le nouveau service aura des bienfaits, tant pour les consommateurs que pour la population. 

« On peut voir une diminution des pratiques à risque [...] et la consommation se fait dans un endroit qui est sécuritaire. [...] Pour la population, on voit une diminution du matériel d’injection à la traîne et tout ça n’entraîne pas d’augmentation de la criminalité dans le quartier », explique la Dre Anne-Frédérique Lambert-Slythe.

La Santé publique demeure toutefois consciente que des inquiétudes pourraient être soulevées. Des rencontres publiques seront organisées pour recueillir les avis.

Besoin sans équivoque

Les problèmes liés à la consommation de drogues et les besoins pour un centre d’injection supervisée sont devenus de plus en plus évidents au cours des dernières années à Québec.

La majorité des signalements de surdose provenait d’ailleurs des quartiers centraux de Québec, d’où l’importance de demeurer dans ce secteur.

« Quand ils [le CIUSSS] sont arrivés avec le lieu, je trouvais que c’était très intéressant parce que SABSA est déjà là, ils connaissent le milieu. Les voisins les apprécient déjà. C’est un élément important du succès de ce projet-là », fait remarquer la conseillère municipale Émilie Villeneuve, assurant la collaboration de la Ville au projet.

-Avec la collaboration de Jean-Luc Lavallée

L’exemple de la Suisse  

En 2016, dans la foulée des premiers débats sur les sites d’injection supervisée, Le Journal s’était rendu en Suisse, pays pionnier de la consommation supervisée. 

La première « piquerie » légale du monde a ouvert ses portes en 1986, à Berne. Notre journaliste Kathryne Lamontagne l’avait visitée et avait sondé l’avis des experts de l’endroit.

Voici les constats que l’on pouvait à ce moment tirer du modèle helvète. 

Les «pour»:  

  • Diminution importante des risques de surdose mortelle
  • Chute des taux de contamination au VIH et à l’hépatite
  • Réduction de la consommation dans les lieux publics
  • Baisse marquée du nombre de seringues retrouvées dans l’espace public
  • Contact plus facile à établir avec les consommateurs, meilleur suivi 

Les «contre»:  

  • Peut créer une circulation ou des attroupements de consommateurs dans le quartier
  • Possibilité d’inconfort ou de questionnements de la population des environs
  • N’éradique pas la toxicomanie, n’est pas une solution en soi. Les centres d’injection supervisée doivent s’inscrire dans un éventail de services