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Le cirque à la rescousse d’une deuxième église dans Limoilou

Le directeur général et artistique de Machine de Cirque, Vincent Dubé
Photo Stevens LeBlanc Le directeur général et artistique de Machine de Cirque, Vincent Dubé

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Le sort de l’église Saint-Charles-de-Limoilou est scellé, au moins pour les trois prochaines années. L’organisme Machine de Cirque s’y installera, a annoncé le diocèse de Québec mercredi.

Il s’agit de la deuxième église désacralisée, dans le quartier Limoilou, qui accueillera en ses murs des artistes de cirque. L’ancienne église Saint-Esprit de la 2e Avenue héberge, depuis 2003, l’École de cirque de Québec, à moins d’un kilomètre de l’église Saint-Charles située sur la 8e Avenue.  

Ce revirement inattendu survient alors que la survie de l’église, fermée au culte depuis 2012, avait fait la manchette à plusieurs reprises dans les derniers mois. Une demande a même été acheminée récemment au ministère de la Culture pour classer ce monument historique, afin de s’assurer qu’il soit préservé

Le directeur général et artistique de Machine de Cirque, Vincent Dubé
Photo Stevens LeBlanc

«Au cours des dernières semaines, plusieurs investisseurs, mécènes et organismes intéressés à louer l’église ont manifesté à la paroisse leur désir de contribuer à la valorisation de Saint-Charles-de-Limoilou», a fait savoir la fabrique de la paroisse Saint-François-de-Laval, propriétaire de l’église. 

La directrice générale de la paroisse, Diane Dupuis, dit avoir été séduite par l’offre de Machine de Cirque, qui a déposé un projet «viable» et sérieux, qui permettra à la fabrique d’amortir à court terme ses frais d’entretien, qui varient entre 70 000 $ et 120 000 $ par an. Les négociations se sont déroulées très rapidement.  

La fabrique «ne pouvait plus attendre», quitte à décevoir l’organisme Espaces d’Initiatives qui planchait depuis plusieurs années sur un projet de «laboratoire d’innovations sociales» visant à redonner l’église à la communauté. Faute de financement, ce projet n’a cependant jamais vu le jour. 

D’abord la location, ensuite l’achat

Un contrat de location de trois ans, dont les termes sont confidentiels, a été signé il y a quelques jours. Le directeur général et artistique de Machine de Cirque, Vincent Dubé, avait besoin d’un nouvel local rapidement en raison de la fin de son bail dans un hangar de Charlesbourg. Il a sauté sur l’occasion et il souhaite devenir propriétaire de l’église à plus long terme. 

«On a plein d’idées. C’est un espace qui nous fait rêver énormément. Il y a tellement de possibilités, mais on est conscients de la responsabilité qui vient avec ça. Déjà, faire revivre l’église et l’habiter, c’est super puis il faut la faire rayonner à sa juste valeur aussi. C’est un patrimoine qui appartient à toute la communauté donc il faut que la population puisse en profiter», a-t-il confié en entrevue.  

Le directeur général et artistique de Machine de Cirque, Vincent Dubé
Photo Stevens LeBlanc

Machine de Cirque a été fondée en 2013 par des artistes de la capitale. Leur spectacle baptisé également Machine de Cirque a été présenté à près de 700 reprises aux quatre coins de la planète. D’autres productions ont suivi: Truck Stop, La grande traversée et La Galerie. La troupe a également présenté le spectacle Fleuve, qui se déployait en cinq tableaux, à la Baie de Beauport cet été, tout en respectant les règles sanitaires.  

Vincent Dubé se réjouit de l’entente «gagnant-gagnant» signée avec la directrice de la paroisse qui, elle, s’est dite très confiante pour l’avenir.  

«Notre projet n’est pas mort»

Le directeur général d’Espaces d’initiatives, Édouard-Julien Blanchet, avalait quant à lui la pilule difficilement mercredi, alors qu’il était sur le point de présenter une offre concrète d’acquisition de l’église, avec l’appui de plusieurs partenaires. «On s’est fait couper l’herbe sous le pied», a-t-il réagi, déçu de l’annonce «cavalière» de la fabrique. 

«Ils voient le patrimoine dans des intérêts à très court terme. Rien ne garantit la mise en valeur à long terme de l’église. Mais nous, notre projet n’est pas mort. On continue d’avancer», a-t-il indiqué.  

«On n’a jamais eu de concret après quatre ans», rétorque Mme Dupuis. «On n’arrivait pas à avoir la liste de leurs partenaires, ça tournait toujours en rond. Nous, on n’avait plus le choix. C’était à eux d’arriver avec quelque chose d’écrit, sur papier, chose qu’ils n’ont jamais faite.»