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Inquiétudes pour le presbytère de Saint-Michel-de-Bellechasse

Inquiétudes pour le presbytère de Saint-Michel-de-Bellechasse
Photo courtoisie

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Craignant pour la survie du presbytère de Saint-Michel-de-Bellechasse, des citoyens réclament une protection ministérielle sur le bâtiment et le secteur qui l’entourent.

Alerté par des citoyens de Saint-Michel, le Groupe d’initiatives et de recherches appliquées au milieu (GIRAM) a écrit à la ministre de la Culture Nathalie Roy pour lui demander d’octroyer au presbytère le statut d’immeuble patrimonial. Le Groupe aimerait également que le cœur du village reçoive le titre de site patrimonial. 

Inquiétudes pour le presbytère de Saint-Michel-de-Bellechasse
Photo courtoisie Paul St-Arnaud

Le bâtiment, construit en 1739 et agrandi en 1790, a été au cœur de l’histoire du Québec, notamment comme lieu stratégique de la guerre de la Conquête de 1759 et de l’invasion américaine de 1775. «On est capable de démontrer que le lieu a une valeur nationale», souligne le vice-président du GIRAM, Gaston Cadrin.  

Il explique que les soldats britanniques s’y sont réfugiés lors de la guerre de la Conquête. Plus tard, alors que les troupes américaines tentaient une invasion sur Québec, «les citoyens ont pris le contrôle du presbytère. Ils ne voulaient pas que les Anglais viennent les enrôler et qu’ils soient forcés de combattre les Américains», raconte M. Cadrin. 

Manque d'entretien

Des citoyens inquiets ont récemment signalé au GIRAM le manque d’entretien du bâtiment, qui abrite deux organismes locataires. C’est la municipalité de Saint-Michel qui est propriétaire des lieux.  

Inquiétudes pour le presbytère de Saint-Michel-de-Bellechasse
Photo courtoisie

En vertu d’une entente de 10 ans signée en 2017, la municipalité a acquis de la Fabrique le presbytère, la grange à dîme et les terrains adjacents au coût de 450 000$. De ce montant, 100 000$ ont été payés sur le champ et, en vertu d’une entente de 10 ans, le résiduel devait être déboursé chaque année de l’entente. Les sommes versées à la Fabrique devaient servir à l’entretien de l'église Saint-Michel. L’entente excluait aussi toute privatisation de ce patrimoine et la municipalité convenait d'investir les sommes nécessaires à l'entretien du presbytère.  

Entente à renégocier

Or, le conseil municipal, dans une décision très serrée où le maire Éric Tessier a utilisé son vote prépondérant, a choisi de renégocier l’entente, jugeant qu’elle n’était pas «gagnant-gagnant».  

C’est ce qui inquiète le GIRAM et les citoyens. «On craint que ce soit pour mettre en vente le presbytère et le terrain. Qui va acheter ça? On craint qu’un promoteur choisisse de construire des immeubles à proximité. Qu’est-ce qu’on va faire avec les terrains?» se questionne Gaston Cadrin.  

Le cabinet de la ministre Roy a confirmé qu’il a bien reçu la demande du GIRAM. «Elle est présentement en analyse, comme le veut la procédure habituelle», a-t-on indiqué. 

Quant au maire de la municipalité, il a indiqué qu'un audit a été commandé pour évaluer l'ensemble de ses actifs immobiliers. Les conclusions devraient être connues en 2021. 

«L'ensemble des membres du conseil auront à évaluer les rapports, voir les besoins qui seront à combler et faire une meilleure gestion d'actifs par la suite», a indiqué M. Tessier en entrevue. Aucune décision n'a été prise sur l'avenir du presbytère, a-t-il indiqué. L'objectif est de «minimiser l'impact fiscal pour les citoyens».

Il n'a pas voulu commenter la démarche du GIRAM. «Je suis totalement surpris que l'administration municipale n'ait pas été mise au courant des démarches.»