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Lamontagne veut plus de tomates québécoises dans son ketchup

C’est la promesse faite jeudi dans le dossier Kraft Heinz

Le ministre André Lamontagne a confirmé jeudi un investissement de 157 millions $ dans le secteur bioalimentaire québécois.
Photo Stevens Leblanc Le ministre André Lamontagne a confirmé jeudi un investissement de 157 millions $ dans le secteur bioalimentaire québécois.

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Le ministre de l’Agriculture André Lamontagne promet de veiller à ce que le géant américain Heinz s’approvisionne en tomates québécoises, du moins en partie, pour produire son ketchup sur l’île de Montréal.

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La nouvelle a fait beaucoup réagir. Grâce à un investissement de 23,5 millions $ dans son usine de Mont-Royal, dont deux millions prêtés par les contribuables québécois, Kraft Heinz va bientôt recommencer à produire son célèbre ketchup au Canada.

Le ministre André Lamontagne a confirmé jeudi un investissement de 157 millions $ dans le secteur bioalimentaire québécois.
Photo Agence QMI, Joël Lemay

Si certains s’en réjouissent, dont le ministre Lamontagne et l’Union des producteurs agricoles (UPA), ce n’est pas le cas de l’entrepreneur saguenéen Simon-Pierre Murdock, qui s’est lancé dans la production de ketchup quand Heinz a quitté la «capitale canadienne de la tomate», Leamington, en Ontario, il y a six ans. 

« S’il y a bien une compagnie qui n’en a pas besoin, c’est bien eux », réagissait dans nos pages le PDG de Canada Sauce, après avoir appris que Québec a accordé un prêt pardonnable de 2 M$ à la multinationale. 

Le ministre André Lamontagne a confirmé jeudi un investissement de 157 millions $ dans le secteur bioalimentaire québécois.
Photo Stevens Leblanc

Encore plus difficile à digérer : en raison d’obligations contractuelles, Heinz Kraft utilisera des tomates californiennes pour produire son ketchup au Québec, au moins jusqu’en 2023. 

Le ministre André Lamontagne a confirmé jeudi un investissement de 157 millions $ dans le secteur bioalimentaire québécois.
Photo Agence QMI, Joël Lemay

Répondre à la demande

D’ici là, le ministre de l’Agriculture André Lamontagne assure que son gouvernement est déjà à l’œuvre pour identifier les producteurs de tomates québécois qui pourraient éventuellement répondre à « une partie des besoins de Heinz ». 

« Approvisionner Heinz en tomates, c’est tout un contrat », a-t-il observé. « La production de tomates pour la transformation, ce n’est pas la même chose que la production de tomates qu’on va consommer chez nos détaillants », a ajouté M. Lamontagne, en soulignant que le Québec a cessé, au début des années 90, de produire des tomates destinées à la transformation.    

  • Écoutez l'entrevue avec le ministre André Lamontagne sur QUB radio   

« C’est d’arriver, puis d’avoir un plan, puis d’être prêt», a dit le ministre, qui s’engage à «préparer le terrain » pour répondre à la demande.

« Je vois ça d’un bon œil, que Heinz s’installe chez nous. [...] Ça nous donne un potentiel pour notre marché », a commenté le président de l’UPA, Marcel Groleau, qui participait à une annonce gouvernementale avec M. Lamontagne jeudi matin. 

Le ministre André Lamontagne a confirmé jeudi un investissement de 157 millions $ dans le secteur bioalimentaire québécois.
Photo Stevens Leblanc

157 M$ pour le secteur bioalimentaire

Le ministre Lamontagne, qui a confirmé un investissement de 157 M$ dans le secteur bioalimentaire québécois, en a profité pour lancer le « défi 12 $ », qui invite les Québécois à remplacer 12 $ de produits d’ailleurs dans leur panier d'épicerie par des produits d’ici. 

M. Lamontagne estime les retombées potentielles de ce défi à un milliard de dollars par année pour les agriculteurs, les pêcheurs et les transformateurs alimentaires québécois. 

Pris à son propre jeu en conférence de presse, le ministre a avoué qu’à choisir, c’est le ketchup produit à Saguenay avec des tomates canadiennes qui se retrouvera dans son panier. 

Le député de Québec solidaire Vincent Marissal dit comprendre la grogne de M. Murdoch. 

« Faire la promotion de l’achat local, notamment en agroalimentaire, et donner 2 millions au géant Heinz, qui importe ses tomates de Californie, c’est vraiment ce qu’on appelle parler des deux côtés de la bouche », a déploré le député de Rosemont. 

157 M$ pour l’autonomie alimentaire             

  • L’investissement fait suite à la mise à jour économique du 12 novembre       
  • Québec s’attend à ce que 3800 emplois soient créés       
  • 92,5 M$ sur deux ans pour soutenir la croissance de l’offre alimentaire et pour accroître la productivité des secteurs agricoles et de la transformation bioalimentaire, notamment grâce à la robotisation       
  • 24 M$ pour accélérer les investissements de La Financière agricole du Québec (FADQ) qui sera mise à contribution afin d’accélérer les investissements agricoles.       
  • 23,4 M$ pour stimuler la demande pour les produits alimentaires du Québec       
  • 15 M$ additionnels pour intensifier les campagnes publicitaires et appuyer les marques « Aliments du Québec »             
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