/news/health
Navigation

Limoilou: le GMF Le Synase fermera ses portes le 23 décembre prochain

Le Dr Richard Lemelin, responsable du GMF Le Synase
Photo d'archives Catherine Bouchard Le Dr Richard Lemelin, responsable du GMF Le Synase

Coup d'oeil sur cet article

Son cri du cœur n’ayant pas été entendu, la direction du groupe de médecine familiale Le Synase, situé dans le secteur de Limoilou, fermera officiellement ses portes le 23 décembre prochain, laissant 5000 patients de nouveau sans médecin de famille.

Le 26 octobre dernier, le Dr Richard Lemelin, responsable du GMF, interpellait le ministre de la Santé Christian Dubé pour obtenir l'autorisation d'embaucher six nouveaux médecins. 

Selon le Dr Lemelin, ces embauches sont essentielles à la poursuite des activités du GMF. Pour l’heure, Le Synase fonctionne de peine et de misère avec cinq médecins, dont trois à temps partiel, pour 8850 patients.  

Plus de 13 000 personnes sont toujours en attente d’un médecin de famille dans le quartier Limoilou. 

«Nous n’avons pas eu de nouvelles, [le ministre de la Santé] ne nous a même pas répondu. Ça montre l’intérêt qu’ils ont pour la population de Limoilou», lance avec sarcasme le Dr Lemelin. 

La direction du Synase rapporte que le ministre lui avait dit, alors qu'elle commençait des démarches d'embauche, de se fier aux plans régionaux d'effectifs médicaux [PREM] de 2020 et 2021 pour compléter son équipe. 

«Mais il savait très bien que les quatre postes disponibles avaient déjà été donnés. Il a ri de nous, finalement», poursuit le Dr Lemelin, qui estime que le PREM est désuet et dysfonctionnel.  

Le 23 décembre, 18 000 personnes se retrouveront sur la liste d’attente pour un médecin de famille, ce qui est totalement inacceptable, fait valoir le Dr Lemelin.  

«Nous sommes vraiment déçus pour la population de Limoilou. C’est vraiment ça que l’on voulait, offrir une clinique de proximité aux citoyens de Limoilou», termine Guylaine Gauthier, porte-parole pour Le Synase.  

À l’urgence

L’Association québécoise de défense des droits des personnes retraitées et préretraitées (AQDR) dénonce cette situation, qu’elle juge «inéquitable».

«Dans un temps de pandémie comme nous vivons présentement, il ne faut surtout pas que plusieurs personnes, dont des personnes aînées, se retrouvent d’un seul coup sans médecin de famille, obligées de consulter dans les urgences. Cela aurait un impact majeur qui déstabiliserait plusieurs personnes qui ne méritent surtout pas de vivre cette situation», a indiqué par voie de communiqué la présidente, Judith Gagnon.

En fin de journée, le cabinet du ministre de la Santé a répondu par écrit que le gouvernement avait toujours soutenu la clinique. 

«Une rencontre exceptionnelle s’est d’ailleurs tenue le 5 août dernier en présence de membres du cabinet du ministre de la Santé et des Services sociaux, du MSSS, du CIUSSS et du Dr Lemelin du GMF Synase afin d’adresser la situation de la clinique médicale et d’aborder le projet soumis.» 

À ce moment, le gouvernement aurait précisé que le recrutement de nouveaux médecins est la responsabilité de la clinique médicale et que les médecins sont autonomes dans le choix de leur lieu de pratique.

« C’est avec regret que nous constatons que les efforts de tous les partis n’ont pas permis de trouver un terrain d’entente avec le Dr Lemelin. » 

– Avec la collaboration de Jean-François Racine