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Une institution de Québec met la clé sous la porte

Le Traiteur Lionel Riverin a servi des grandes stars

Quebec
Photo Stevens LeBlanc Le Traiteur Lionel Riverin devait servir ses derniers plats jeudi, 51 ans après sa fondation. Le chef Jean Picard, propriétaire de l’établissement, a rangé ses chaudrons.

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Celui qui a nourri les plus grandes stars internationales de passage à Québec et dont le service de traiteur était devenu une véritable institution accroche son tablier. Les lourdes pertes financières et l’incertitude quant à une éventuelle reprise des affaires forcent le propriétaire du Traiteur Lionel Riverin à mettre la clé dans la porte.

Après 35 ans derrière les fourneaux de l’entreprise qu’il avait acquise en 1985, il est temps de « tirer la plogue », constate le chef et propriétaire Jean Picard, en entrevue au Journal, alors qu’il se prépare à servir ses derniers repas dans son commerce de la 8e Rue, à Limoilou.

« Mon chiffre d’affaires est passé d’environ 42 000 $, 50 000 $ par mois à environ 1000 $ ou 1500 $. Avec tous les frais à payer par mois, il y a un trou qui se creuse. » 

La plupart de ses contrats sont tombés à l’eau. Les clubs d’âge d’or, les événements spéciaux et les hôtels avec qui il faisait affaire ne peuvent plus passer de commandes. Et l’incertitude entourant une éventuelle reprise ne l’enchante guère.

Futur incertain

« Je ne me vois pas [continuer] pour les deux ou trois prochaines années avant que ça revienne à la normale », admet l’homme qui ne comptait pas les heures au travail et qui dit avoir déjà passé « 365 jours sans congé », quand les affaires étaient meilleures.

Il tient à ajouter que « la carrière qu’il a eue » est due au « bon travail de ses employés », dont son épouse.

Malgré les bons souvenirs, le chef Picard ne peut s’empêcher d’exprimer de la tristesse à l’idée de fermer son commerce. Il s’inquiète aussi pour les autres propriétaires de traiteurs, pour qui les temps sont durs.

« Des traiteurs qui font des mariages, de l’événementiel et des cocktails dînatoires, il y en a beaucoup qui vont disparaître. On ne sait pas ce qui va arriver après. En plus, on est en pénurie d’employés depuis 10 ans, si ce n’est pas 15. »

Dave Dombrowski, propriétaire du Buffet St-Émile depuis 30 ans, fait le même constat. Plusieurs traiteurs ne passeront pas à travers la crise.

« Nous sommes passés de 22 à 4 employés. [...] J’ai perdu de 85 à 90 % de mes contrats », expose-t-il. 

« Ça va faire mal. Je sais très bien que des traiteurs vont passer décembre et qu’ensuite, ils vont fermer. C’est ça la réalité. Tu ne peux pas garder une entreprise qui ne roule pas. »

Les deux hommes aimeraient que les gens qui s’offrent des commandes à emporter dans les restaurants encouragent aussi les traiteurs.

Traiteur des vedettes

Bien connu à Québec, le service de traiteur a régalé aussi les plus grandes vedettes de la planète. Metallica, Bon Jovi, Roger Waters, David Bowie et Céline Dion, notamment, ont pu apprécier sa cuisine.

« J’avais été cogner à la porte du promoteur Michel Brazeau pour lui offrir mes services. Un mois plus tard, il m’a appelé et j’ai commencé [dans] le show-business avec lui. L’aventure a perduré durant 30 ans environ », se souvient-il.