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Problèmes de communication au SPVQ: une formation déficiente

Selon le chef du SPVQ, le nouveau système radio n’est pas en cause pour les ratés

Robert Pigeon, chef du SPVQ
Photo Didier Debusschère Robert Pigeon, chef du SPVQ

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N’en déplaise au syndicat des policiers de Québec, le nouveau système de radiocommunications SERAQ est « fiable et robuste », martèle le chef du SPVQ qui pointe plutôt du doigt des lacunes dans la formation des patrouilleurs.

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Après avoir fait une autopsie « détaillée » des incidents qui lui ont été rapportés sur le terrain — et qui ont fait la manchette depuis une semaine —, Robert Pigeon a affirmé lors d’un point de presse, vendredi, que le SERAQ « n’a pas failli à la tâche », évoquant plutôt des « éléments tactiques qui ont fait défaut » ou des erreurs de manipulation.

« Notre solution qu’on a, elle fonctionne, elle n’a pas eu de ratés, elle est fiable et robuste. Maintenant, il reste à l’apprivoiser et il reste à mieux la comprendre et à identifier chacune de nos zones où la couverture n’est pas optimale », a déclaré le chef de la police de Québec.

Les zones mortes, où le signal ne passe tout simplement pas, il y en avait auparavant et il y en aura toujours, a-t-il plaidé.

« Avant, les gens les connaissaient toutes par cœur. Aujourd’hui, on a des antennes supplémentaires, mais ces zones-là ont changé de place. On est en train de réapprivoiser tout ça et on va créer des historiques d’endroits. »

« Au fur et à mesure qu’on va les détecter, le 911 va les enregistrer et les policiers vont savoir en temps réel dans leurs cartes d’appel qu’il y a une possibilité de zone de moins bonne couverture », a ajouté M. Pigeon.

Les policiers de Québec, que l’on voit ici au lendemain de l’attaque de l’Halloween, recevront une autre formation pour l’utilisation de leurs outils de communication.
Photo d'archives, Didier Debusschère
Les policiers de Québec, que l’on voit ici au lendemain de l’attaque de l’Halloween, recevront une autre formation pour l’utilisation de leurs outils de communication.

Une « passerelle » en cas de pépin

Les policiers ont la possibilité d’activer une « passerelle » sur leur véhicule dans ce genre de situation, afin de contourner le problème. « Beaucoup de policiers » ne connaissent pas toutes les fonctions disponibles avec leurs nouveaux outils de communication, estime le chef.

Marc Vézina, le directeur du service des technologies de l’information à la Ville de Québec, a par ailleurs réitéré ce qu’il avait avancé lors d’un plénier à l’hôtel de ville le 15 octobre dernier. « Ce qu’on a dit, c’est que le réseau était fonctionnel à 100 % et on le répète, c’est le cas », a-t-il affirmé, précisant qu’il y a du « fine tuning normal » lors de l’implantation d’un réseau.

Nouvelle formation sous peu

Le chef Pigeon a reconnu que la formation de trois heures sur le SERAQ, dispensée en ligne en raison de la pandémie, n’a pas été « adéquate » et il en prend l’entière responsabilité.

« De ce côté-là, on aurait pu être meilleur. On va revenir avec de nouvelles formations. Ce n’est pas de la faute des policiers. C’est à nous de nous acquitter de cette mission-là. »

Quant à la RAO, ce logiciel de répartition assistée par ordinateur qui a « gelé » à quelques reprises dans les autopatrouilles, notamment le soir de la tuerie dans le Vieux-Québec, le chef Pigeon avait déjà reconnu la problématique. Vendredi, il a lui-même déploré les « instabilités » du système et son manque de convivialité.

« Je l’ai manipulée moi-même, la RAO, hier (jeudi) soir (lors d’une patrouille). C’est vrai qu’il y a des éléments à améliorer. C’est ce que nous allons faire. »

M. Pigeon a invité tous les policiers à signaler en temps réel, désormais, tout problème lié à la RAO ou au SERAQ au Centre de vigie et de soutien opérationnel, ouvert 24 heures sur 24.

Il a par ailleurs dit faire confiance à ses troupes en cas de pépin. « La technologie ne remplacera jamais le jugement d’un policier. Il est formé pour agir dans des situations complexes et ambiguës. »


L’implantation du SERAQ (Système évolué de radiocommunication pour l’agglomération de Québec) a coûté 30 M$.