/finance
Navigation

Le Canada et le Royaume-Uni concluent un accord commercial provisoire

Coup d'oeil sur cet article

Le Canada et le Royaume-Uni ont conclu un accord provisoire visant à maintenir les échanges commerciaux entre les deux pays à la suite du Brexit.

C’est ce qu’ont annoncé samedi matin, en marge du Sommet des dirigeants du G20, le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, et son homologue du Royaume-Uni, Boris Johnson.

«C’est une belle journée pour l’amitié Canada-Royaume-Uni et on va continuer de travailler ensemble sur ces enjeux», a dit M. Trudeau au cours d’un échange virtuel avec M. Johnson. Ce dernier a enchaîné, en français: «c’est une belle journée».

Rappelons que le Royaume-Uni s’est retiré à la fin janvier de l’Union européenne dans le cadre du Brexit, si bien que l’Accord économique et commercial global (AECG) entre le Canada et l’Union européenne (UE) ne sera plus en vigueur sur son territoire à compter du 1er janvier prochain.

Les pourparlers entre les deux pays ont débouché sur l’Accord de continuité commerciale entre le Canada et le Royaume-Uni, qui sera mis en œuvre pendant que les deux pays négocient un accord de libre-échange global, a-t-on précisé, ajoutant qu’il «permettra de continuer à tirer des avantages de l’AECG sur une base bilatérale, notamment l’élimination des droits de douane sur 98 % des produits exportés vers le Royaume-Uni».

Selon Ottawa, «cela donnera un avantage concurrentiel aux exportateurs et aux entreprises du Canada qui conserveront un accès préférentiel au marché britannique, même lorsque le Royaume-Uni quittera l’UE».

Le Royaume-Uni est le cinquième partenaire commercial du Canada après les États-Unis, la Chine, le Mexique et le Japon. Selon les chiffres d’Ottawa, le Royaume-Uni constituait en 2019 le premier marché d’exportation de marchandises du Canada en Europe et sa troisième destination mondiale, avec un commerce bilatéral de marchandises se chiffrant à 29 milliards $.

«Cet accord de continuité commerciale entre le Canada et le Royaume-Uni garantit le maintien de nos relations commerciales solides et mutuellement bénéfiques», a dit la ministre de la Petite Entreprise, de la Promotion des exportations et du Commerce international, Mary Ng, par communiqué.

«Je me réjouis à la perspective de travailler avec la secrétaire d’État Liz Truss pour assurer une transition sans heurts dans les relations commerciales entre le Canada et le Royaume-Uni, tout en veillant à ce que les travailleurs, les exportateurs et les entreprises de toutes tailles du Canada continuent d’en tirer profit», a-t-elle ajouté.

Le chef du Parti conservateur du Canada, Erin O’Toole, n’avait pas de fleurs à faire parvenir au gouvernement libéral, qualifiant l’accord provisoire d’«échec de Justin Trudeau».

«Les Canadiens s’attendent à ce que le gouvernement conclue de bons accords commerciaux pour nos exportateurs, a-t-il dit par communiqué. Cependant, le gouvernement libéral n’a pas consulté les entreprises et les organisations syndicales canadiennes, laissant les Canadiens dans l’ignorance quant au statut ou au contenu de cet accord provisoire. De nombreuses industries disent qu’elles souhaitent des amendements, et il semble que trois années de négociations n’ont pas permis d’en apporter. De plus, nous ignorons comment le gouvernement a négocié l’augmentation des obstacles commerciaux non tarifaires qui sont néfastes pour de nombreuses industries.»

Québec satisfait de l’accord provisoire 

Le gouvernement du Québec a réagi par l’entremise de trois ministres, dont celui de l'Économie, Pierre Fitzgibbon, rappelant que le Royaume-Uni est le sixième partenaire commercial de la Belle Province avec des échanges de marchandises de 4,5 milliards $.

«Pour nos entreprises, il est primordial de limiter les contrecoups de la fin de la période transitoire entre le Royaume-Uni et l'UE, a dit le ministre Fitzgibbon, par communiqué. J'invite les entreprises québécoises à continuer d'investir au Royaume-Uni afin de profiter pleinement de leur accès préférentiel au marché britannique. Avec Investissement Québec International, nous sommes prêts à appuyer nos entreprises pour créer des occasions d'affaires au Royaume-Uni.»

«Nous nous réjouissons de la conclusion de cet accord bilatéral transitoire par lequel le Canada maintient ses accès au marché du Royaume-Uni pour y écouler nos produits, sans accorder à ce pays aucun accès supplémentaire au marché canadien pour le fromage ou d'autres produits sous gestion de l'offre. Le Québec a fait de nombreuses représentations auprès du gouvernement fédéral au sujet de cet enjeu important», a indiqué de son côté le ministre de l'Agriculture, André Lamontagne.