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Ciné nostalgie: les 25 ans (!) d’«Histoire de jouets»

Histoire de jouets 4
Photo d'archives

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Le 22 novembre 1995, le film d'animation «Histoire de jouets» prend l’affiche en Amérique du Nord. Réalisé par John Lasseter, un inconnu, il a été produit par Pixar, compagnie alors propriété de Steve Jobs. Son originalité? Il est le premier long métrage dont l’animation a été entièrement conçue par ordinateur! 

Dès les balbutiements du projet, «Toy Story» fait l’objet de tractations entre Pixar et Disney, Jeffrey Katzenberg ayant été séduit par «Tin Toy», court métrage d’animation de John Lasseter, récipiendaire de l’Oscar du meilleur film d’animation en 1988. Le contrat, daté de 1991, fait de Disney le studio propriétaire du long métrage et des personnages, Pixar empochant 12,5 % des recettes du box-office.

Le point de départ est donc «Tin Toy» et l’histoire du long métrage est écrite par John Lasseter, Andrew Stanton et Pete Docter, des noms aujourd’hui connus du grand public. Le scénario original présente Tinny et Woody (à l’époque une marionnette de ventriloque), ce dernier étant le méchant qui tyrannise les autres jouets au point de les faire se révolter.

Devant les scénarios en images que les studios trouvent atroces, Disney donne à Pixar une entière liberté créatrice afin de redresser la barre. Les auteurs se remettent au travail et livrent un deuxième scénario en 1991. Les jouets du début sont jugés dépassés. C’est à ce moment que Tinny est délaissé par John Lasseter qui décide de le convertir en personnage à la G.I. Joe et d’en faire un astronaute, le nom de Buzz lui étant donné en hommage à Buzz Aldrin et son costume étant un mélange des combinaisons des astronautes des missions Apollo et des poupées G.I. Joe.

Woody devient gentil, car comme l’a indiqué depuis Andrew Stanton dans les pages du magazine «Time», il fallait que le public pense que «Buzz et Woody coincés dans un ascenseur pendant 70 minutes soit un divertissement de la plus haute qualité.» De fait, les deux personnages deviennent amis et «Toy Story» se transforme en «buddy comedy», autrement dit, une comédie de «chums».

Appelé en renfort pour améliorer le scénario, un jeune homme du nom de Joss Whedon (que Lasseter connaît grâce à la lecture du film «Buffy» qui n’a jamais vu le jour) propose d’inclure une poupée Barbie dont la personnalité serait inspirée de Sarah Connor dans le deuxième «Terminator». Mattel, on s’en doute, refuse... mais reviendra sur sa décision lors des suites. Et c’est également Joss Whedon qui crée Rex, le dinosaure un peu cinglé!

Du côté des voix, John Lasseter pense immédiatement à Billy Crystal pour Buzz... mais le comédien décline, «seul regret de toute ma carrière», avouera-t-il plus tard. Le rôle échoit donc à Tim Allen après que le faible budget alloué (30 millions $ US) empêche la production de le proposer à... Jim Carrey. Quant à Tom Hanks, il enregistre la voix de Woody entre «Une ligue en jupons» et «La magie du destin», préférant rester dans un registre comique plutôt que d’intercaler «Histoire de jouets» entre les drames

«Philadelphia» et «Forrest Gump». L’acteur passe d’ailleurs son temps à improviser sur le plateau, à un point tel qu’une partie des répliques qu’il a enregistrées pour le premier volet se retrouve dans les deuxième et troisième volets. De plus, John Lassater remarque rapidement que Tom Hanks trouve des dialogues dès qu’on lui donne des accessoires. Un jour, le réalisateur apporte un faux bras coupé, gadget d’Halloween de ses enfants, et Hanks invente alors la scène dans laquelle Woody joue avec le bras de Buzz.

Quant à savoir pourquoi Andy, le petit garçon, n’a pas de papa et bien, elle est toute simple. Craig Good, animateur du film, a déjà expliqué que «nous ne pouvions pas nous payer un père. Les personnages humains étaient extrêmement chers et difficiles à faire à l’époque. Et le père d’Andy n’était pas nécessaire à l’histoire.»