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Ouragans: de l’hôtellerie à l’aide humanitaire

Deux frères consacrent leur quotidien à aider les sinistrés au Nicaragua

Deux Québécois au Nicaragua - Inondations
Photo courtoisie Les Québécois Marc et Manuel Bonds passent leurs journées à livrer des denrées et de l’eau potable aux sinistrés du Nicaragua, ravagé par le passage de deux ouragans.

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Deux Québécois qui exploitent un gîte touristique à Popoyo, au Nicaragua, consacrent désormais leur quotidien à faire de l’aide humanitaire, alors que des milliers d’habitants se retrouvent sans domicile et sans nourriture depuis le passage des ouragans Eta et Iota, qui ont causé d'importantes inondations.

Le soleil est revenu depuis peu à Popoyo et dans les environs, mais pour les habitants du coin et des villages voisins, l’heure est au constat et au nettoyage.

«Les gens sortent des refuges pour aller nettoyer et pour aller récupérer ce qu’ils peuvent de leur maison», indique Marc Bonds, qui vit à temps plein au Nicaragua depuis 2013.

Son frère, Manuel, qui y vit six mois par année, est arrivé juste avant la catastrophe naturelle il y a environ deux semaines.

Ils sont tous les deux propriétaires du Cafe con Leche depuis 2015. Les activités touristiques étant complètement arrêtées depuis huit mois, c'est-à-dire depuis le début de la pandémie, les deux hommes passent leurs journées «en mission» afin d’aider ceux qui sont dans le besoin.

«Ça fait environ deux jours que l’on amène des denrées, de l’avoine, des haricots, des œufs brouillés et du riz. Aujourd’hui [jeudi], ce sera de l’eau. Et on fait le tour des villages qui sont dans le besoin», explique Manuel.

Ils se consacrent plus précisément aux villages de Playa Popoyo, Las Salinas, Nahualapa, La Virgen Morena, Higueral, San Ignacio et Las Mercedes. Ils font le tour des refuges et des églises, là où se trouvent ceux qui ont tout perdu.

Un peuple résilient

«C’est du monde habitué, extrêmement résilient. Hier, on est allés constater l’état des maisons. Ce sont des gens qui ont tout perdu et ils gardent le sourire et l’espoir. Le moral est très bon. Ils ne savent même pas où ils vont dormir et ils ne braillent pas», poursuit son frère, Marc.

Ils ont même vu des gens dormir sur des bouts de tôle.

«C’est toffe, on n’est pas habitués», laisse tomber Manuel.

Alors qu’ils sont au bout de leurs économies pour garder leur gîte — lourdement touché par la pandémie —, les deux bons samaritains n’ont pas hésité à prendre leur argent personnel pour aider les gens de leur pays d’adoption.

Ils ont toutefois organisé une collecte de fonds, puisque les besoins importants ne tarderont pas.

«On veut acheter des centaines de lits, des filtres pour l’eau, des vêtements, de la nourriture et des médicaments. Les cliniques au village n’ont plus rien», se désole Marc.

«Le problème présentement, c’est l’approvisionnement. Tout est bondé d’eau, donc on n’a pas d’accès pour aller en ville et les fournisseurs n’ont pas d'accès pour venir livrer, donc là, on fait avec ce qu’il y a au village dans les petits dépanneurs», ajoute-t-il.

Les deux frères estiment qu’ils en ont encore pour des semaines et des semaines à faire de l’aide humanitaire.

Pour aider les sinistrés: cliquez ici.