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Faire de nouveau équipe ensemble

Quebec
Photo Stevens LeBlanc Marco Dubois et Étienne Moisan se plaisent dans leurs fonctions chez Breton Tradition 1944, à Saint-Bernard, en Beauce.

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Coéquipiers dans les rangs universitaires, les receveurs Marco Dubois et Étienne Moisan le sont de nouveau au sein de l’entreprise Breton Tradition 1944, un leader dans l’industrie agroalimentaire québécoise, où ils ont été embauchés au département des ressources humaines.

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« Je mangeais du bacon au déjeuner comme tout le monde, mais je n’avais aucune connaissance de l’industrie porcine, résume Dubois, qui est bachelier en relations industrielles. Je suis natif du centre-ville de Montréal et je ne connaissais rien du cochon. »

Remplaçant à l’Académie Saint-Louis, une institution secondaire privée de Québec, avant le confinement, Dubois recherchait un emploi plus stable.

« Mon ancien coéquipier Christopher Bouchard, avec qui j’ai joué un an à (l’Université) Laval a contacté sa mère, qui est la vice-présidente de Breton et qui cherchait quelqu’un en ressources humaines, raconte-t-il. J’ai passé une entrevue et j’ai été embauché à la mi-mars. Après avoir débuté à l’usine de Saint-Charles de Bellechasse, je travaille maintenant au siège social à Saint-Bernard, en Beauce. C’est parfait pour moi. Je suis dans mon domaine et j’ai beaucoup de choses à apprendre. Comme dans un camp de football où l’on assimile plusieurs jeux en partant, je dois apprendre vite.

« Comme ancien joueur de la LCF, je pensais que je pourrais coacher comme je le voulais après ma carrière, mais j’ai réalisé que ce n’est pas le cas, de poursuivre le receveur du Rouge et Noir d’Ottawa. J’ai encore l’objectif de coacher et d’occuper un poste de directeur des sports, mais j’aime vraiment ce que je fais et mon projet initial a été repoussé à plus tard.

« Au début, je pensais qu’il s’agirait d’un emploi temporaire pendant la saison morte, mais j’ai appris à aimer ça plus que je pensais. Je ne retrouve pas l’adrénaline d’un terrain de football et c’est normal, mais le travail d’équipe me plaît beaucoup. On s’aide tous et nous sommes tous proches. J’aime aider les gens à être plus productifs et à solutionner des problèmes. Je ne quitterai pas du jour au lendemain. » 

Moisan le rejoint

Dubois a invité son chum Moisan, qui trouvait le temps long pendant le confinement, à s’entraîner à Québec. Le centre arrière des Alouettes est lui aussi bachelier en relations industrielles.

« Après deux ou trois mois à me tourner les pouces à la maison familiale, je suis revenu à Québec en juin pour m’entraîner, raconte Moisan. Ça m’a fait du bien de retrouver les gars. J’ai toutefois dit à Marco que je ne pouvais pas rester si je ne me trouvais pas un emploi. Le soir même, j’obtenais un entretien avec Mme Breton. Je ne trouvais pas ça honnête de rester chez moi à encaisser mon chèque de la PCU. J’étais zéro productif pour la société. »

Préparer sa deuxième carrière

Embauché comme employé manuel au départ, Moisan a amorcé un mois plus tard un cours pour obtenir son accréditation en immigration, cours qui se terminera le 3 janvier à raison de 25 heures de formation par semaine. Il est depuis responsable des travailleurs étrangers.

Breton Tradition 1944 emploie une centaine de travailleurs étrangers venant en très grande majorité du Guatemala dans ses différentes usines.

« J’ai beaucoup appris sur l’aspect légal et ce fut un gros casse-tête au début, mais Mme Breton est la vraie MVP, louange-t-il. Elle nous aide à guider les gens.

« Je ne me voyais pas à court terme travailler en ressources humaines, mais je peux me préparer déjà à mon après-carrière », de poursuivre celui dont des membres de la famille de sa mère habitent à Saint-Bernard et qui avait conservé des souvenirs de ses visites à la porcherie, plus jeune.

« Quand tu n’acquiers pas d’expérience dans ton domaine pendant que tu joues au football, ça devient souvent un problème de te trouver un emploi après ta carrière. Je réalise qu’on ne peut pas se fier uniquement au football, et l’importance d’obtenir son diplôme. »

Moisan souhaite maintenant apprendre l’espagnol afin de communiquer plus facilement avec les employés et ajouter des cordes à son arc.

« Ma formation va m’ouvrir plusieurs portes pour le futur parce que l’embauche de travailleurs étrangers n’ira pas en diminuant, souligne-t-il. Ils sont tellement efficaces et essentiels. On souhaite augmenter la limite de 10 pour cent imposée à l’industrie agroalimentaire. »

Comptant plus de 1000 employés au sein de ses différentes filiales, Breton Tradition 1944 a pris le virage biologique en 2015 et est maintenant certifié 100 pour cent bio.