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Hôpitaux: «beaucoup de choses peuvent mal aller dans les prochaines semaines»

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Les hospitalisations sont en hausse au Québec, une situation qui fait craindre le pire, alors que les hôpitaux sont déjà à un point critique.

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Le Dr Mathieu Simon de l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec s’inquiète pour les prochaines semaines.

«Aux soins intensifs, on n’est jamais confortable. On est là pour prévoir ce qui peut mal aller et il y a beaucoup de choses qui peuvent mal aller dans les prochaines semaines comme vous pouvez l’anticiper», lance d’emblée le Dr Simon.

Pour preuve, en à peine un mois, soit depuis le congé de l’Action de grâce, la situation a bien changé. Déjà à ce moment, le niveau d’hospitalisation, tant sur les étages qu’aux soins intensifs, était à la moitié de la capacité.

«Depuis 10 jours maintenant, on est à 1200-1400 cas quotidiens et on a doublé le nombre d’hospitalisations. Aux soins intensifs, on approche les 100 patients. C’est quand même la moitié du pic qu’on avait atteint au mois de mai», analyse le médecin.

Et cette situation n’a rien de rassurant pour le réseau de la santé, qui s’attend au pire.

«C’est quand même très préoccupant, surtout que là, on s’en va vers une saison plus active pour les soins intensifs et dans les hôpitaux à cause de la grippe, à cause des maladies qui viennent avec l’hiver», dit le Dr Simon.

C’est sans compter le rattrapage qu’on tente de faire par rapport aux opérations qui avaient été retardées pendant la première vague.

Avertissement

Alors que la majorité des hôpitaux dépassent déjà leur capacité «normale» et que d’autres sont déjà au-dessus, le Dr Mathieu Simon lance un avertissement à la population relativement aux rassemblements des Fêtes.

«On aimerait que la population ne confonde pas ce qui est permis et ce qui est souhaitable. C’est-à-dire que même si c’est permis de faire la fête pendant quatre jours avec 10 personnes à la fois, ce n'est probablement pas ce qu'il y a de mieux comme investissement pour les lendemains du jour de l’An», juge-t-il.

D’ici l’arrivée d’un vaccin, il demande aux gens de tenir le coup.

«On a une population qui est tannée des mesures sociosanitaires, qui sont importantes, [et] on a un système de santé qui est également fatigué parce qu’on est sous tension depuis le mois de mars», indique le Dr Simon.

«Le vaccin, même si les premières doses sont disponibles à la fin décembre, début janvier, avant que toute la population puisse être inoculée, ça va nous mener probablement jusqu’à l’été. Donc il faut tenir avec les ressources qu’on a», conclut-il.