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Son rêve d’ado réalisé

PORTRAIT-DE-PATRICK-LAVOIE
Photo Dominick Gravel Les activités de la Ligue canadienne de football ayant été annulées en 2020, Patrick Lavoie s’est tourné vers le métier de pompier.

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Pandémie oblige, Patrick Lavoie est de retour à son plan A, 17 ans plus tard.

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Au terme de son 5e secondaire, le centre arrière des Roughriders de la Saskatchewan s’est inscrit en techniques de sécurité incendie au Campus Notre-Dame-de-Foy. Recruté par le Rouge et Or de l’Université Laval et sélectionné par les Alouettes en 2e ronde (11e au total) en 2012, Lavoie a délaissé son plan A et s’est tourné vers le football, qui était au départ son plan B.

« Je voulais être pompier avant d’être un joueur de football, souligne celui qui a soulevé la coupe Grey en 2016 dans l’uniforme du Rouge et Noir d’Ottawa lors d’une victoire de 39 à 33 en prolongation face aux Stampeders de Calgary, au cours de laquelle il avait inscrit un touché. Depuis l’âge de 16 ans, je rêve d’être pompier. Je suis vraiment chanceux que la transition se fasse aussi en douceur. Le synchronisme entre l’annulation de la saison dans la LCF et l’ouverture d’un poste est incroyable. Je suis hyper chanceux. Je suis entré au Centre de formation les 14 et 15 septembre au lieu d’avoir une formation de deux semaines et, le 18 septembre, je débutais à la caserne. »

Désir d’apprendre

Embauché par le service des incendies de la Ville de Montréal, Lavoie travaille à la Caserne 63 à Dorval.

« À mes débuts, j’ai dit aux gars que c’était loin le cégep (2008) et leur ai demandé d’être indulgents à mon endroit, mais que j’allais apprendre vite, raconte le père d’un petit garçon de 5 ans, et dont la conjointe doit donner naissance à une petite fille le 7 décembre. J’ai eu la chance de tomber sur une bonne caserne avec de bons collègues et un bon capitaine.

« Pour garder la main, j’avais enseigné au CNDF pendant la saison morte aux futurs pompiers, de poursuivre le natif de Sainte-Flavie, en Gaspésie. Le métier a beaucoup évolué et plusieurs techniques d’intervention n’ont plus leur place. Même si ça demandait plus de travail et que ça représentait un défi supplémentaire, je suis content de voir ça parce que ça démontre que le milieu ne s’assoit pas sur ses lauriers. C’est un métier en mouvement et c’est rassurant. »

Toujours la piqûre

Le gaillard de 6 pieds 2 pouces et 242 livres a rapidement réalisé qu’il avait toujours la piqûre.

« Je m’amuse comme un enfant dans un magasin de bonbons, image-t-il. À ma première journée de travail, j’ai ressenti l’adrénaline et j’ai eu la confirmation que c’est le travail de pompier que je voulais faire pour mon après-carrière. Je n’ai pas encore vécu une intervention majeure, mais je ne suis pas fâché. Ça me permet de mettre mes compétences à jour et de poser de bonnes questions. Mon objectif est d’apprendre. »

Similitudes avec le football

À la caserne avec ses collègues, Lavoie dit retrouver l’ambiance d’une équipe de football.

« Nous sommes 11 et 12 gars à la caserne et ça s’apparente à un vestiaire de football, mentionne celui qui doit compléter une période de probation d’un an avant d’obtenir sa permanence. Comme lors de mes années universitaires, nous sommes toujours ensemble. Comme au football, nous sommes redevables à nos collègues. Tu n’as pas le choix d’assurer les arrières de ton chum lors d’une intervention. »

S’il y a des similitudes, Lavoie note toutefois une différence importante.

« Au football, nous avons une semaine pour nous préparer pour le match et progresser. L’intensité monte graduellement. À la caserne, il ne se passe rien et, tout d’un coup, on doit mettre l’interrupteur à ‘‘on’’ rapidement. C’est intéressant, mais complètement différent. C’est spécial. Tu es dans le gymnase à 16 heures et, une heure plus tard, tu as les pieds dans l’eau et tu es entouré de fumée.»