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The Undertaker sonne le glas d’une carrière parcourue à tombeau ouvert

The Undertaker sonne le glas d’une carrière parcourue à tombeau ouvert
AFP

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Ressuscité d’entre les morts il y a 30 ans pour venir hanter les rings avec sa tenue de croquemort et sa fameuse prise létale, la «tombstone piledriver» (marteau-pilon pierre tombale), The Undertaker fera dimanche ses adieux au ring, dont il restera l’une des figures les plus populaires.

À 55 ans, l’heure de la retraite a sonné pour The Undertaker, de son vrai nom Mark William Calaway, légende de la WWE, plus importante fédération de lutte professionnelle. Les «funérailles» auront lieu à Orlando (Floride) dans l’intimité, coronavirus oblige, avec pour cadre les Survivor Series.

Et cette fois, ce que veut la grande vedette, dont les entrées délicieusement lugubres se sont longtemps faites sur une version remaniée de la Marche funèbre de Frédéric Chopin, c’est réussir sa sortie.

En 2017, il avait déjà pris sa retraite, après un combat perdu face à Roman Reigns, devant 75 000 fans. Il avait laissé son chapeau, son manteau et ses gants sur le ring, avant de s’éclipser non sans avoir embrassé sa femme Michelle McCool, ancienne lutteuse. Des larmes avaient coulé dans le public.

Mais le lendemain, Calaway fit volte-face, invoquant une ultime performance ratée. «Ma fierté en a pris un coup. Je me suis dit: ce ne peut pas être la dernière image que les gens garderont de toi», a-t-il expliqué.

Corps meurtri

Depuis, ses apparitions ont été sporadiques, sans qu’il se décide à tourner la page, malgré un corps meurtri qui n’a cessé de lui dire stop.

En trois décennies, ce colosse de 2,06 m et 140 kg s’est gravement blessé au dos, aux épaules, il s’est fracturé une cheville et le plancher orbital, il a collectionné les déchirures musculaires et a eu ses pommettes écrasées, il s’est brûlé trois fois à cause de la pyrotechnie... 

Sans compter les commotions cérébrales. En 2014, à l’hôpital, après sa première défaite en 21 combats au WrestleMania, dont il détient le record de victoires (25), il ne se souvenait de rien. Pas même de son nom. Aujourd’hui encore, il ne se rappelle pas ce combat.

The Undertaker sonne le glas d’une carrière parcourue à tombeau ouvert
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Si Calaway a tout de même décidé d’en finir avec The Undertaker, c’est parce que la mort, la vraie, a rôdé un peu trop près en 2020, fauchant son frère aîné Timothy.

«Même avant, celle de Kobe Bryant m’a fait réaliser qu’il était temps d’être présent parmi les miens et de leur donner ce que j’ai donné à la lutte, parce qu’on ne sait jamais. On ne sait jamais quand son numéro sera appelé», a expliqué ce Texan, père de quatre enfants et partisan de Donald Trump.

Impact culturel

Le destin tragique de Bryant l’a touché, car le basket aurait pu être sa vie. Une blessure à un genou au lycée en a décidé autrement et il s’est lancé à 19 ans dans la lutte sous le pseudonyme de Texas Red.

Il devient tour à tour The Master of Pain (le maître de la douleur), The Punisher (le punisseur), puis Deadman, mort-vivant aux pouvoirs surnaturels, premier gimmick de l’Undertaker pour ses débuts en WWE.

De Hulk Hogan à The Rock, trois générations de lutteurs plient sous son «coup de la corde à linge», sa «guillotine», son «no-handed suicide dive» (saut par-dessus la troisième corde)... Ses «victimes», il les met dans des sacs mortuaires, des cercueils, il les crucifie, les enterre vivants, les pend, dans des mises en scène toujours plus spectaculaires les unes que les autres.

Son personnage d’outre-tombe inspire la culture pop, les jeux vidéo, les comics, le cinéma, jusqu’en Inde où un acteur l’incarne dans un film d’action.  

Le sport est aussi fasciné, à l’image de LeBron James portant un t-shirt à son effigie avant un match crucial des finales de la NBA en 1996, finalement remportées par Cleveland, malgré un pied dans la tombe.

Une tombe que regagnera enfin The Undertaker, après un ultime spectacle auquel a promis d’assister l'un de ses grands admirateurs, le boxeur Tyson Fury, champion du monde des lourds.