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Une trachéotomie pour la vie?

Francis Brizard
Photo Erika Aubin Francis Brizard a appris à vivre avec sa fatigue et sa trachéotomie.

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Plus de huit mois après avoir contracté la COVID-19, Francis Brizard ne sait toujours pas si on pourra un jour lui retirer la trachéotomie que le virus lui a laissée en héritage.

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« Mes cordes vocales sont paralysées, donc fermées à vie. La trachéotomie est là pour un bon bout. Il y a une possibilité d’opération, mais j’aurais un gros changement dans ma voix », explique le quinquagénaire.

M. Brizard fut un des premiers visages des gens au Québec qui ont gardé des séquelles de la maladie en participant à une publicité du gouvernement. Cela lui a valu des messages haineux sur les réseaux sociaux.

Et pourtant, il avait déjà payé un lourd tribut à la COVID-19. En mars, il a été plongé dans un coma artificiel pendant 12 jours pour y survivre.

Une couche et une marchette 

« J’ai dû réapprendre à manger et même à tenir mon téléphone. Ensuite, on m’a donné une couche et une marchette. Ça fesse », relate-t-il en bloquant l’ouverture de sa canule trachéale pour parler sans s’étouffer.

En sortant de l’hôpital, 45 jours plus tard, l’homme de 57 ans n’avait plus de difficulté à parler ni à respirer. Puis ses problèmes respiratoires sont revenus quelques jours plus tard. 

Après des consultations auprès de spécialistes, une opération afin d’enlever une « bosse » qui s’était formée dans sa trachée à la suite de l’intubation, puis un traitement pour réduire l’inflammation de ses cordes vocales, il n’était toujours pas au bout de ses peines. M. Brizard a finalement dû subir une trachéotomie à la mi-juin. 

Pas une blague 

L’entrepreneur en rénovation est inapte au travail à cause de cette séquelle : « Il ne peut pas rentrer de poussière dans ma trachéotomie. Moindrement que je bouge, ça se remplit de sang. 

Et c’est sans parler du fait que je n’ai plus la même énergie. Ce n’est pas une blague ce virus-là », souffle-t-il.