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Va-t-on enseigner comment gérer une pandémie?

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La pandémie aura assurément des répercussions à plus long terme sur le milieu de travail et les entreprises. Changera-t-elle toutefois la façon d’enseigner et de raconter l’entrepreneuriat aux « athlètes » de l’École d’Entrepreneurship de Beauce qui souffle cette année ses dix bougies ?

C’est du moins ce qui est arrivé entre mai et août alors qu’un programme aux entrepreneurs a dû être donné à distance. Il n’est toutefois pas question d’offrir seulement cette pratique, tranche le président Martin Deschênes, aussi vice-président au C.A. du Groupe Deschênes, qui estime important de conserver un contact physique entre les personnes.

Près de 150 entrepreneurs sont aujourd’hui enseignants à l’École d’Entrepreneurship de Beauce. M. Deschênes les nomme les entraîneurs, car ils fournissent des conseils et racontent leur expérience vécue afin que « les athlètes » améliorent leur performance dans le monde des affaires. 

D’ailleurs, selon des chiffres fournis par l’établissement dirigé par un C.A composé d’entrepreneurs, en dix ans, l’école a participé à la transformation de plus de 1500 « athlètes » avec ses programmes Élite et Émergence. 

En 2018, une étude commandée par la direction révélait que 94 % des compagnies, dont les dirigeants avaient suivi une formation à l’école en 2010, étaient toujours en activité après huit ans. 

« Alors qu’au Québec, 25 % des entreprises [créées en 2010] étaient encore en vie à ce moment », compare M. Deschênes.

En plus de ses programmes, l’École d’Entrepreneurship de Beauce tient également des bootcamps. Parmi les entraîneurs ayant partagé leur expérience au fil des ans, on retrouve Jean Coutu, Christiane Germain, Geneviève Biron, Charles Sirois, Dominique Brown et Alain Bouchard.

Un exploit

M. Deschênes, qui est aussi entraîneur, considère comme un « exploit » le fait que l’école ait traversé la dernière décennie en s’adaptant aux besoins et aux nouveaux défis des entrepreneurs. C’est pourquoi il dit percevoir les dix prochaines années comme étant un peu un retour à la case départ.

« Comme dans n’importe quelle entreprise, il faut se renouveler et être meilleur tout le temps », répond-il. « Il faut être capable de répondre aux besoins. La crise de la COVID-19 nous amène à nous remettre en question. On ne sait pas ce que l’avenir nous réserve et il faut s’adapter », poursuit-il.  

Ce dernier ne croit pas que l’établissement offrira éventuellement des formations axées sur la gestion en période de pandémie. Il est d’avis que cet aspect sera davantage véhiculé à travers l’expérience des entraîneurs.  

« J’étais président du Groupe Deschênes le 11 septembre 2001. Cela a été chaotique dans notre milieu. [...] Est-ce qu’on a enseigné le 11 septembre ou la crise économique de 2008-2009 ? Je ne pense pas qu’on enseigne ça. On enseigne davantage la résilience à l’adaptation », dit-il.

Selon Geneviève Biron, présidente chez Biron Groupe Santé, l’École d’Entrepreneurship de Beauce a contribué à faire grandir et à améliorer l’image du monde de l’entrepreneuriat au Québec depuis 2010.

«Le sentiment qu’on avait envers l’entrepreneuriat est plus positif aujourd’hui qu’il y a dix ans. L’école a réalisé beaucoup d’initiatives pour encourager l’entrepreneuriat», avance celle qui occupe aussi la chaise de secrétaire du conseil d’administration à l’école.

Rappelons que l’École d’Entrepreneurship de Beauce est un projet qui avait été piloté initialement par l’homme d’affaires Marc Dutil, président et chef de la direction de Groupe Canam.