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Deuil et questions après une nouvelle attaque de l’ÉI au nord de Bagdad

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La province de Salaheddine a déclaré, dimanche, trois jours de deuil après la mort de dix personnes dans une attaque djihadiste plus tôt, tandis que certains dénoncent l’incapacité des forces irakiennes à éliminer les cellules clandestines du groupe État islamique. 

• À lire aussi: Une embuscade de l’EI fait neuf morts, dont six militaires, au nord de Bagdad

Six militaires et quatre civils ont péri samedi soir dans une embuscade tendue par des djihadistes à environ 200 kilomètres au nord de Bagdad, selon des sources policières.

Le mode opératoire choisi, trois ans après l’annonce de la victoire sur l’ÉI, reste sommaire: une bombe placée en bord de route a explosé au passage d’une voiture de civils et lorsque des policiers et des membres du Hachd al-Chaabi – coalition de paramilitaires désormais intégrée à l’État – sont venus à leur rescousse, ils ont essuyé des tirs de djihadistes.

Onze Irakiens, dont des combattants du Hachd, ont été tués il y a une dizaine de jours dans une attaque à la grenade sur un poste militaire à l’entrée ouest de Bagdad.

Des bilans lourds dans un pays qui n’a pas connu d’attentat majeur depuis au moins trois ans.

Toutes ces attaques se sont déroulées dans la grande ceinture sunnite autour de la capitale, où les troupes irakiennes mènent régulièrement des opérations de ratissage et affirment chaque fois être parvenues à déloger de nombreux djihadistes.

Pour Jamal al-Dhari, un homme politique sunnite, cette embuscade «met en lumière les échecs répétés de la lutte contre le terrorisme, le gouvernement de Moustafa al-Kazimi doit sérieusement mettre en place une stratégie nationale (...) et arrêter de se contenter des "commissions d’enquête"», que les autorités annoncent créer après chaque incident.

Selon le député sunnite Mechaane al-Joubouri, les djihadistes profitent de la géographie accidentée de la zone montagneuse et désertique pour maintenir leurs cellules clandestines.

Lorsque le bilan était encore de neuf morts – le dixième a succombé à ses blessures tôt dimanche à l’hôpital –, il a tweeté: «Nous avons perdu neuf martyrs (...) au pied du mont Makhoul que les forces irakiennes assuraient il y a quelques jours avoir nettoyé».

Ces attaques interviennent alors que Washington a annoncé retirer prochainement 500 soldats, pour n’en laisser que 2500 en Irak.

La quasi-totalité des troupes des autres États membres de la coalition anti-ÉI ont quitté le pays au début de la pandémie de coronavirus.