/entertainment/tv
Navigation

Isabelle Racicot en mission

L’animatrice aborde le racisme de manière personnelle dans un documentaire

Isabelle Racicot
Photo courtoisie, Radio-Canada Isabelle Racicot souhaite que son documentaire, Pour mes fils, mon silence est impossible, diffusé lundi soir, fasse œuvre utile.

Coup d'oeil sur cet article

En entrevue au Journal, Isabelle Racicot indique qu’en 20 ans de carrière, elle n’a jamais fait l’objet d’une « controverse ». Mais lundi, avec Pour mes fils, mon silence est impossible, un documentaire dans lequel elle s’attaque au racisme, elle s’attend à créer des vagues. Et elle l’assume pleinement.

Pourquoi dites-vous que parler de racisme, c’est inconfortable ?

Parce que c’est un sujet polarisant. Et je ne suis pas une fille qui aime le conflit. C’est ce qui rend la chose inconfortable. 


Pourquoi avez-vous décidé d’intituler la série Pour mes fils, mon silence est impossible ?

C’est un titre qui s’est imposé naturellement. Ce désir de faire quelque chose, de continuer une conversation à grande échelle, c’est la mère en moi qui l’a. C’est la mère qui s’inquiète pour ses garçons. J’aimerais que mes fils ne soient pas obligés, dans 20 ans, de marcher dans les rues pour dire que leur vie compte.


Vous dites que vous n’auriez pas été capable de faire ce documentaire en 2010 ou même en 2015. Pourquoi ?

Le racisme, c’est un sujet très tabou. Avant, on n’osait pas trop en parler. Mais cet été, j’ai senti un véritable désir d’avoir cette discussion. J’ai senti une grande ouverture... autant du côté des gens racisés qui acceptaient d’en parler, autant du côté des gens non racisés qui voulaient comprendre. Ça fait toute la différence. Parce que pour avoir une conversation avec quelqu’un, il faut sentir une écoute de l’autre bord.


Dans le documentaire, votre amie Martine St-Victor évoque des exemples de racisme que vous avez vécus en coulisses dans votre carrière d’animatrice. Vous refusez toutefois d’en parler. Pourquoi ?

Parce que je n’aime pas laver mon linge sale en famille. Ce n’est pas mon genre. Et parce que même si c’est ma quête qu’on voit dans le film, c’est des pistes de solutions universelles que je cherche. Je n’avais pas envie que ça soit centré sur ce que j’ai vécu personnellement. Ce n’est pas ça qui est important. Ce n’est pas la raison pour laquelle j’ai fait ce film.


Aussitôt qu’on parle de racisme, certaines personnes peuvent se montrer particulièrement abjectes et agressives sur Twitter, Facebook, etc. Appréhendez-vous ce type de réactions ?

C’est malheureux, mais ça vient avec. Je suis consciente qu’il y a des gens qui sont campés dans leur position. Des gens qui n’auront jamais envie de comprendre ou d’écouter. Mais ces gens-là, c’est une minorité. Une minorité bruyante, mais une minorité d’abord et avant tout. Le défi, pour moi, c’est de ne pas m’attarder à leur discours. De ne pas me laisser atteindre.


On voit beaucoup vos fils et votre conjoint dans l’émission. Ont-ils été difficiles à convaincre ?

En temps normal, les trois sont allergiques aux caméras. Particulièrement mon mari. Et mes fils n’ont jamais cherché ce genre d’attention. Ça n’a jamais été leur rêve. Mais tout le monde sentait que c’était important. Ils n’ont donc pas été difficiles à convaincre.


Dans l’émission, on voit d’ailleurs que votre vision du racisme diffère de celle de votre conjoint.

C’est ce que je voulais montrer. Les Noirs ne sont pas un bloc monolithique. On n’a pas tous vécu la même chose. Mon mari a vécu certaines choses ; moi d’autres.


Que retenez-vous de vos recherches et entrevues ?

Il y a beaucoup de pistes de solutions. Il faut juste les mettre en action. Des experts se sont penchés là-dessus. On serait gagnant d’écouter ce qu’ils ont à dire.


► ICI Télé présente Pour mes fils, mon silence est impossible, ce soir à 21 h. En simultané sur ICI Première.

À surveiller lundi 

TOURNÉE GÉNÉRALE

L’humoriste et chanteur Patrick Groulx vient parler de son plus récent album enregistré avec les Bas Blancs. Puis, le docteur Stéphane Bouchard est invité à aborder le sujet de la cyberpsychologie en lien avec la réalité virtuelle.

Unis TV / 14 h


LA TOUR

Patrick Huard reçoit chez lui, en gardant ses distances, trois personnalités publiques qui parlent à cœur ouvert d’un sujet qui les interpelle. Lundi soir, l’humoriste Adib Alkhalidey ainsi que les animateurs Jean-Charles Lajoie et Ève-Marie Lortie révèlent ce qui les met hors d’eux.

TVA / 19 h 29


UN PRINCE À NEW YORK

Dans cette comédie de la fin des années 1980, alors que sa carrière montait en flèche, Eddie Murphy joue au prince africain qui refuse d’épouser la femme choisie par son père. Préférant lui-même trouver celle qui partagera sa vie, il débarque à New York bercé d’illusions.

Prise 2 / 19 h 30


JE M’APPELLE HUMAIN

Joséphine Bacon
Photo d'archives, Ben Pelosse
Joséphine Bacon

Grâce à ce documentaire, on suit la poétesse innue Joséphine Bacon jusque sur la Côte-Nord et à l’intérieur des terres, un endroit appelé Nutshimit. Un retour aux sources en compagnie de la grande dame dont le nom est aujourd’hui synonyme de sagesse et d’inspiration.

ICI ARTV / 20 h


EXTRÊMEMENT FORT ET INCROYABLEMENT PRÈS

Orphelin de père depuis les attentats du 11 septembre 2001, Oskar (Thomas Horn), 9 ans, épluche la ville de New York dans l’espoir de découvrir quelle serrure peut débarrer une mystérieuse clé laissée par son papa. 

MAX / 21 h