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La FIQ presse Québec d’adopter une nouvelle convention collective

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La bataille contre la COVID laisse des traces dans le réseau de la santé, alors que les départs sont nombreux depuis le début de la pandémie. 

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«Surcharge de travail, de temps supplémentaire obligatoire, de pénurie de personnel. Les gens ont quitté le réseau», indique Pascal Beaulieu, du Syndicat interprofessionnel du CHU de Québec, présent dimanche à une manifestation de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ).

Découragés et épuisés, lui et ses collègues affiliés à la FIQ peinent à reprendre leur souffle.

«Imaginons, là, vous rentrez et vous avez 100 à 125 patients. Eh bien, c'est ça que ça veut dire! Et là, vous êtes seul, vous avez des dizaines et des dizaines de patients à voir, à donner des médicaments, à vous assurer que vous changez leur pansement», déplore Nancy Bédard, présidente de la FIQ.

Ils sont à bout de souffle, faute de pénurie de personnel, entre autres, et les quarts de travail se font à la course.

«Tu commences en courant et tu finis en courant. Tu n’as pas le temps de voir tes patients. La phrase que tu dis le plus souvent à tes patients, c'est: "Ce sera pas long, je vais revenir!" Mais finalement, tu as tellement d'ouvrage que tu n'as même pas le temps de revenir», mentionne Manon Lisotte, assistante infirmière-chef à l’Hôpital Saint-François d’Assise.

Et si la pandémie n’est pas suffisante, la fédération est en pleine négociation de sa convention collective avec le gouvernement du Québec.

«Ça négocie, mais actuellement, il reste un élément majeur. C'est les mesures concernant les postes, rendre les postes, notamment à temps complet, attractifs», explique Mme Bédard.

«On veut que les postes soient stables, que les gens puissent prendre leur congé, et qu'on diminue le temps supplémentaire obligatoire», ajoute Patricia Lajoie, présidente du Syndicat des professionnelles en soins de la Capitale-Nationale.

Au cabinet de la ministre Sonia LeBel, présidente du Conseil du trésor, on répond que les négociations se font «jour et nuit».

«Dans l’objectif de favoriser la conclusion d’une entente, des mouvements significatifs ont été faits par le gouvernement à ce jour, et nous avons retiré certaines demandes patronales afin d’identifier nos priorités», écrit-on dans un courriel.

Le gouvernement invite par ailleurs «les syndicats à faire rapidement de même avec leurs nombreuses demandes» et on souhaite «conclure une entente globale le plus tôt possible».

«Les mesures qui restent ne peuvent plus être assouplies», rétorque la présidente de la FIQ.

À l’aube de la saison hivernale, les professionnels de la santé craignent que ce soit encore plus difficile, avec la grippe, mais également avec les impacts des rassemblements à Noël. Ils s'inquiètent d'être encore plus débordés qu'ils ne le sont présentement.

Et à défaut d’une entente, les professionnels menacent de revenir manifester tous les jours, avec un groupe encore plus important que celui de la veille.