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«Autopsie d’un crime imparfait»: l’assassinat de France Lachapelle

Jacques Côté
Photo courtoisie

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Intrigué par le meurtre de la jeune comédienne France Lachapelle, assassinée en 1980 dans le quartier Saint-Jean-Baptiste à Québec, l’écrivain Jacques Côté propose un docu-polar sur le sujet : Autopsie d’un crime imparfait. Fouillant dans les documents d’époque, interviewant des personnes clés, dont le metteur en scène Robert Lepage, des enquêteurs et des avocats, il tente de faire la lumière sur cette cause judiciaire controversée.

Dans la nuit du 22 octobre 1980, France Lachapelle a été assassinée dans son appartement de la rue de la Tourelle. Jacques Côté revisite le drame et l’analyse en profondeur dans son livre.

Il revisite ainsi l’une des causes judiciaires les plus importantes de l’époque. Il n’a pas ménagé ses efforts : entrevues avec le lieutenant Jacques Simoneau, témoignages d’acteurs, lecture de milliers de pages de documents cités comme preuve lors de deux procès. 

Il a également interviewé Robert Lepage, meilleur ami de la victime, et dernière personne à l’avoir vue vivante. Suspecté à tort pendant des mois et soumis au test du polygraphe, comme d’autres artistes de son entourage, le metteur en scène à la carrière internationale a été profondément bouleversé par cette expérience, qui a donné naissance à la pièce Le polygraphe.

Jacques Côté s’est intéressé à ce dossier après avoir croisé un de ses amis, Marc Vallée, grand ami de France Lachapelle, sur la rue Cartier à Québec. 

«Je ne connaissais pas cette histoire», dit-il. Marc Vallée avait lu son roman Où le soleil s’éteint, et ses enquêteurs lui avaient fait penser à ceux qui ont enquêté sur le meurtre de France, son amie. «On était à côté du Café Krieghoff... on est entrés et il m’a raconté, en grandes lignes, ce qui s’était passé.»

Il n’en fallait pas plus pour qu’il se lance dans les recherches, lise les journaux de l’époque et décide d’aller consulter les verbatims liés aux événements, au palais de justice. Et c’était parti pour décortiquer ce qui s’est passé en octobre 1980.

«France Lachapelle avait joué dans plein de pièces. Elle faisait du théâtre de rue, de l’animation. C’était une étoile montante dans le paysage théâtral de Québec et elle aurait joué dans les pièces de Robert Lepage. Le 23 octobre, dans la nuit, ça s’arrête là.»

Conclusions d’enquête

«Il n’y a pas de preuves directes qui relient Christian Gagnon à ce meurtre, aucune. Il y a des preuves circonstancielles», note-t-il. «Il peut aussi être le meurtrier de France... mais il y a des doutes... mais il n’a jamais eu de procès équitable. Les deux procès, surtout le deuxième, ça a été vraiment n’importe quoi.» 

Au fil de ses recherches, il a fait des constats navrants. «Ce qui s’est passé à cette Cour, c’est extrêmement grave. Autant le meurtre de France m’a choqué, autant après, le procès qu’il a subi, c’est comme les juges de la Gestapo à Berlin dans les années 30-40.»

Robert Lepage a accordé une longue entrevue à Jacques Côté. «Ça a apporté un éclairage différent à l’affaire et ça m’a donné des informations que je n’avais pas auparavant. J’ai gardé l’essentiel, qui permet d’apporter quelque chose de nouveau à cette affaire judiciaire.»


  • Jacques Côté a écrit plusieurs romans policiers.   
  • Il a reçu le prix Arthur-Ellis en 2003, en 2009 et en 2011, le Grand Prix La Presse de la biographie et le prix Saint-Pacôme du roman policier en 2006.   
  • Ses derniers romans ont été publiés en France chez Babel Noir/Actes Sud.