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[PHOTOS] Cinéma: 8 fois où Québec a attiré l'attention d'Hollywood

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Québec est une ville de patrimoine et Hollywood est la capitale du cinéma. Il y a peu de choses en commun entre ces deux villes. Pourtant, plusieurs faits les lient entre elles.

En effet, certains grands acteurs d'Hollywood ont vu le jour à Québec; le roi du cinéma muet a fait un arrêt à Québec alors qu'il était en route vers les États-Unis pour lancer sa carrière; une princesse du grand écran est venue fêter le Carnaval avec nous; Québec est devenue une ville européenne le temps d'un film; le maître du suspense a choisi Québec pour tourner l'une de ses intrigues. Découvrez ces faits cinématographiques.

1) Lucile Watson  

Lucile Watson
Photo The New York Public Library
Lucile Watson

Rosine Mary Lucile Watson voit le jour à Québec le 27 mai 1879. Elle est baptisée à la cathédrale Holy Trinity de la rue des Jardins. Elle était la fille de Thomas Charles Watson, secrétaire-trésorier de la North Shore Railway, et d'Emma Elizabeth Morlet. Ses parents étaient d'origine britannique et ils passeront quelques années à Québec, où ils habiteront sur la rue des Érables. 

La petite Watson se fera connaître comme actrice à Hollywood sous le nom de Lucile Watson. Elle étudie à l'American Academy of Dramatic Arts de New York et elle jouera à Broadway pendant 20 ans. Entre 1934 et 1951, elle jouera dans 22 films. Elle incarnait généralement des rôles de mères, de tantes ou de grand-mères, ce qui lui valut le surnom de «reine des douairières». 

En 1943, elle joue le rôle de la mère de Bette Davis dans le film Veille sur le Rhin (Watch on the Rhine) pour lequel elle sera mise en nomination pour l'Oscar du meilleur second rôle féminin. Lucile Watson meurt à New York le 24 juin 1962. Elle avait 83 ans.

2) Glenn Ford  

Glenn Ford en 1955
Photo Wikimedia Commons
Glenn Ford en 1955

À la Wesleyan Methodist Church de Québec, le 14 octobre 1916, a été baptisé Gwyllyne Samuel Newton Ford. Il était né le premier mai précédent à l'hôpital Jeffery-Hale, alors situé sur le boulevard Saint-Cyrille. Il était le fils de Newton Ford et de Hannah Mitchell. Bien que Glenn Ford ait grandi à Sainte-Christine-d'Auvergne, à Portneuf, son père était chef de train et, au moment de sa naissance, les Ford habitaient sur le boulevard Saint-Cyrille. 

Vers 1924, alors qu'il a huit ans, lui et sa famille déménagent en Californie. Il a fait carrière à Hollywood sous le nom de Glenn Ford. Il a participé au tournage de 90 films. On se souvient de lui principalement pour ses rôles de cowboy. En 1962, il s'est mérité le Golden Globe du meilleur acteur pour le film musical Milliardaire pour un jour. Il est décédé à Beverly Hills en 2006.

3) Michael Sarrazin  

Michael Sarrazin et Jane Fonda dans le film «On achève bien les chevaux»
Photo The New York Times
Michael Sarrazin et Jane Fonda dans le film «On achève bien les chevaux»

C'est à Québec que Jacques-Michel-André Sarrazin est né le 22 mai 1940. Il a été baptisé à l'église St. Patrick de la Grande Allée le 13 juin suivant. 

Il a été connu dans les grands studios hollywoodiens sous le nom de Michael Sarrazin. Il a joué dans 38 films et il a également participé à plusieurs séries télévisées. Son film le plus marquant a certainement été On achève bien les chevaux de Sydney Pollack dans lequel il partageait la vedette avec Jane Fonda (1969). 

Il était le fils de Bernard Sarrazin, avocat et surintendant de la Sûreté provinciale, et de Enid Scott. Sa famille est demeurée à Québec de 1938 à 1942 sur la rue Raymond-Casgrain, puis sur l'avenue De Montigny. Il est décédé à Montréal en 2011.

4) La courte visite de Charlie Chaplin  

Charles Chaplin en 1921
Photo National Portrait Gallery, Londres
Charles Chaplin en 1921

Charles Chaplin est né en Angleterre en 1889. En 1910, après un détour par Paris, il décide de poursuivre sa carrière aux États-Unis. Il s'embarque donc sur un bateau qui l'y conduit. Première escale: Québec. Il ne semble pas avoir conservé un bon souvenir de notre ville. Voici ce qu'il en dit dans son autobiographie:

«En route pour Québec, nous passâmes douze jours en haute mer par un temps terrible. Nous restâmes trois jours à la cape avec un gouvernail brisé. Néanmoins, j'avais le cœur léger et gai à l'idée d'aborder un autre continent. Nous fîmes le voyage par le Canada à bord d'un cargo de bétail [...]. Au début de septembre, nous doublâmes Terre-Neuve dans la brume. Nous finîmes pourtant par apercevoir la terre. C'était un jour de crachin, et les rives du Saint-Laurent semblaient désolées. Québec, vu du bateau, faisait penser aux remparts où le fantôme de Hamlet aurait pu se promener, et je commençai à me poser des questions à propos des États-Unis. Mais, à mesure que nous nous dirigions vers Toronto, la campagne devenait de plus en plus belle sous ses couleurs automnales et je retrouvai l'espoir.»    

  • Tiré de: Charles Chaplin, Histoire de ma vie, Robert Laffont, «Presses Pocket», no 3330, 1964, p. 145.        

5) Le passage remarqué de Grace Kelly  

Grace (Kelly) de Monaco en compagnie du maire Gilles Lamontagne et de son amie d'enfance Mary Schaefer-Lamontagne, 7 février 1969
Photo BAnQ
Grace (Kelly) de Monaco en compagnie du maire Gilles Lamontagne et de son amie d'enfance Mary Schaefer-Lamontagne, 7 février 1969

En 1969, lors de la 15e édition du Carnaval de Québec, la reine Ginette 1ere (Guay) du duché de Lévis avait dû partager son trône avec une princesse, Grace de Monaco. 

Comment s'était-elle retrouvée à Québec? À l'époque, c'est le maire Gilles Lamontagne qui était aux commandes de la ville. Son épouse, Mary Schaefer, était américaine. Adolescente, elle avait fréquenté le Raven Hill Academy de Philadelphie. Une de ses amies était Grace Kelly, celle qui allait devenir vedette à Hollywood puis, grâce son mariage avec le prince Rainier III, princesse de la Principauté de Monaco. À la suite de leurs études, elles demeurèrent toujours en relation. 

C'est ainsi qu'en 1968, le maire Lamontagne invite le couple princier à participer au Carnaval. Le prince ne peut se libérer, mais la princesse accepte. Elle sera partout et de toutes les activités, que ce soit au Parlement, à l'hôtel de ville, aux Pee-Wee, chez Ti-Père de la rue Sainte-Thérèse, au défilé de nuit, mais surtout, le vendredi 7 février, au bal de la Régence. Un Carnaval qui est passé à l'histoire, grâce à une princesse, et une vraie.

Au cinéma, c'est Alfred Hitchcock qui lance sa carrière dans le film Le crime était presque parfait. Elle jouera à deux autres reprises pour ce réalisateur. En 1955, elle remporte l'Oscar de la meilleure actrice pour son rôle dans Une fille de la province. Elle remportera également trois Golden Globes. Elle jouera dans 11 films avant de mettre sa carrière au rencart pour épouser son beau prince. Elle n'avait que 27 ans. Elle décède à Monaco en 1982 des suites d'un accident de voiture. Elle avait alors 52 ans.

6) Québec, la Hollywood du Nord  

Le film The Old Guard tourné à la place Royale en 1912 par la compagnie Vitagraphe. Cette scène se passait supposément à Paris.
Photo Archives de la Cinémathèque québécoise
Le film The Old Guard tourné à la place Royale en 1912 par la compagnie Vitagraphe. Cette scène se passait supposément à Paris.

Les frères Lumière inventent leur cinématographe en 1895 et déjà, en septembre 1896, leur équipe débarque à Québec pour y présenter des films. Peut-être alors y a-t-on découvert la ville la plus européenne d’Amérique? C’est sans doute pourquoi, dès 1898, c’est une équipe de la firme américaine Edison qui débarque, mais cette fois-ci, pour y tourner quelques documentaires. 

Entre 1898 et 1913, la ville de Québec devient un véritable plateau de tournage pour plusieurs compagnies cinématographiques. En 1912 seulement, trois entreprises y tourneront huit films de fiction. Le cachet pittoresque de la capitale en fera la «Hollywood du Nord», comme le mentionnait le journaliste Louis-Guy Lemieux dans son livre Un amour de ville (1994). Plusieurs de ces films seront présentés aux Québécois, notamment à l’Auditorium, aujourd’hui le Capitole. Malheureusement, la Grande Guerre détournera l’attention ailleurs et Québec disparaîtra peu à peu des grands écrans nord-américains.

7) Silence on tourne... à Québec  

L'archevêché de Québec transformé en édifice nazi pour le film «13, rue Madeleine»
Photo Société historique de Québec
L'archevêché de Québec transformé en édifice nazi pour le film «13, rue Madeleine»

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, Québec devenait le plateau de tournage d'un film de Henry Hathaway. En effet, en juillet 1946, la 20th Century Fox débarquait en ville pour tourner le film 13, rue Madeleine. Il mettait en vedette James Cagney. 

L'intrigue se situait au Havre sous l'occupation nazie. Les lieux de tournage choisis étaient le Manège militaire, les rues du Vieux-Québec, la place Royale, la campagne environnante et surtout, l'archevêché de Québec, transformé pour l'occasion en quartier général de l'armée d'occupation allemande. Quelques Québécois avaient eu la chance d'y figurer. 

C'était probablement la première fois où Québec servait de décor à un film hollywoodien d'envergure. Quelques années plus tard, Alfred Hitchcock allait récidiver avec son I confess.

8) Alfred Hitchcock débarque chez nous  

La jeune Renée Hudon, à gauche, en compagnie du réalisateur Alfred Hitchcock lors du tournage du film «I confess»
Photo collection personnelle de Renée Hudon
La jeune Renée Hudon, à gauche, en compagnie du réalisateur Alfred Hitchcock lors du tournage du film «I confess»

En 1952, la ville de Québec accueillait le grand Alfred Hitchcock. Il était en ville pour le tournage de son film La loi du silence (I confess) mettant en vedette Montgomery Clift et Anne Baxter. La comédienne et animatrice Renée Hudon, alors enfant, y tenait un rôle. Des centaines de Québécois y avaient également figuré, devenant des acteurs d'un jour. 

Lors de la première présentée à Québec le 12 février 1953, Hitchcock est furieux parce que le très puritain Bureau de censure cinématographique du Québec avait amputé son film de cinq minutes, et ce, sans son autorisation. À la suite de la présentation, il devait rencontrer Mgr Maurice Roy, rencontre qu’il avait annulée. Il a déclaré par la suite que les Québécois seraient les seuls à voir un film mutilé puisque le reste du monde verrait le vrai film. 

Néanmoins, cette réalisation nous permet de voir Québec en 1952. Ce fut également une vitrine incroyable, aux États-Unis, pour la capitale québécoise.

Un texte de Jean-François Caron, historien, Société historique de Québec  

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