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Le philosophe Michel Onfray partage ses réflexions sur la pandémie

Michel Onfray
Photo courtoisie, Élodie Grégoire Michel Onfray

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Interpellé par un virus qui a «mis le monde à genoux», l’écrivain et philosophe français Michel Onfray s’est penché sur la crise du coronavirus. Analysant jour après jour ce qui se passait dans l’actualité, il partage le fruit de ses réflexions, ses critiques sur la société et les comptes-rendus de ses entretiens dans les médias dans son nouveau livre, La vengeance du pangolin.

Michel Onfray communique ses idées avec conviction, sans concession, dans son livre. Pour lui, la COVID-19 révèle, «au sens photographique du terme», les folies et les dérives de notre époque. Aussi dénonce-t-il «la faiblesse des politiciens, la cacophonie des scientifiques, l’émergence d’une médecine médiatique», et plus encore.

Il a vu le danger

Les gens avaient-ils la tête dans le sable, en janvier et février 2020? «Ça m’a semblé évident que si en Chine ils étaient capables de confiner une ville de 15 millions d’habitants, c’est qu’il y avait un danger», dit-il en entrevue téléphonique.

<strong><em>La vengeance du pangolin</em><br>Michel Onfray</strong><br>Éditions Robert Laffont<br>304 pages
Photo courtoisie
La vengeance du pangolin
Michel Onfray

Éditions Robert Laffont
304 pages

La suite des choses a prouvé qu’il avait eu raison de s’inquiéter. «Macron a fait tout et n’importe quoi et on aurait pu éviter une situation comme celle-ci si, dès le départ, s’il avait pris la mesure de la situation, s’il avait commencé par fermer les frontières», dit-il. Interdire aux avions chinois d’atterrir en France pendant plusieurs semaines aurait aussi aidé, ajoute-t-il. «Il a perdu trois mois.»

Pour l’économie, l’impact a été énorme, observe-t-il. «On a interdit toute activité économique française. Il y a encore des gens qui sont chez eux et qui ne travaillent pas. On va faire quoi avec ça? C’est-à-dire qu’on va se retrouver avec des gens qui vont faire faillite, des gens qui vont se suicider, des gens qui vont fermer boutique.»

Le confinement

À quoi réfléchissait-il pendant le confinement? «Ça n’a pas changé beaucoup mon existence parce que l’écriture, c’est un travail solitaire, donc on peut vraiment rester chez soi et travailler sans difficulté», commente-t-il. 

«Mais il y a quand même un moment où on a envie de sortir pour sortir, pour voir des gens. Il y a des gens qui dépriment et on voit bien que les structures psychiques ont été abîmées. On n’en parle pas parce que ce n’est pas mesurable, mais il y a probablement des gens qui sont entrés dans des névroses ou des psychoses.»

Une leçon de vitalisme

Dans le livre, il parle des zoonoses, de l’environnement, de la mort. «Je pense que ça nous remet devant les yeux le fait que nous sommes mortels, que la vie et la mort sont intimement liées et que depuis des décennies, depuis que le christianisme s’est effondré, on n’aborde plus la question de la mort.»

Le coronavirus, en somme, fait son travail de virus. «C’est juste une leçon de vitalisme, en termes de philosophie. La grande puissance, c’est la vie, et pour que la grande puissance soit, il faut que la mort soit, également.»  

  • Michel Onfray est docteur en philosophie. 
  • Il est l’auteur de plus de 100 livres traduits dans plus de 25 pays. 
  • Son site web : michelonfray.com 
  • Il a lancé Front populaire, une revue de réflexions et de débats d’idées pour rebâtir le monde et penser «les jours d’après». Le site web : Frontpopulaire.fr