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Enquête publique du coroner: le suicide de Yan De Montigny survenu à l'Établissement de détention de Québec étudié

Yan De Montigny
Photo courtoisie Yan De Montigny

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Le suicide de Yan de Montigny, retrouvé plus de trois heures après sa mort dans sa cellule du secteur de l'infirmerie de la prison de Québec, pourtant surveillé 24 heures sur 24, fait l’objet d’une enquête publique de la coroner Karine Spénard.

Le 1er octobre 2017, Yan De Montigny était retrouvé inanimé dans sa cellule vers 11h35 du matin. Le visionnement des bandes vidéo par l’enquêteur de la police de Québec Frédéric Drapeau chargé de faire la lumière sur cette mort avait révélé que le suicide par asphyxie avait eu lieu plus de trois heures plus tôt, vers 8h15 du matin, sans qu’aucune vérification ne soit faite. 

Enquête criminelle

L’enquêteur dit avoir trouvé «assez particulier» qu’aucun agent de service correctionnel ne soit intervenu pendant le passage à l’acte qui dure huit minutes, alors que «beaucoup de choses se passent dans la cellule». La scène a suffisamment intrigué le policier Drapeau pour qu’il lance une enquête pour négligence criminelle.  

La longue enquête de M. Drapeau n’a pas débouché sur des accusations visant un agent correctionnel, de sorte que le policier a fermé le dossier en juin 2019. Une enquête publique du coroner a ensuite été commandée.  

Propos suicidaires

Yan de Montigny, un vétéran de l’armée qui était incarcéré depuis plus d’un an à la prison d’Orsainville pour des vols qualifiés, était bien connu par les autorités pour avoir des idées suicidaires. Il avait d’ailleurs été amené dans une cellule capitonnée après une première tentative de suicide quelques semaines avant sa mort.  

Un codétenu de Yan De Montigny qui a lui-même fait 11 tentatives de suicide pendant son passage à la prison de Québec a raconté que la victime verbalisait régulièrement ses idées suicidaires. M. De Montigny lui avait parlé de son choc post-traumatique, de ses troubles anxieux et du fait qu’il était privé de sa médication en Xanax depuis son incarcération.   

Dany Pelletier a tenté de le dissuader de commettre l’irréparable en lui indiquant que les agents correctionnels l’avaient arrêté à chacune de ses tentatives. «J’ai l’impression qui l’a pris comme un défi», a lâché M. Pelletier, pris de sanglots.  

Toujours le capitonné

Il regrette aujourd’hui de ne pas avoir prévenu les agents, compte tenu de la détresse de M. De Montigny, un homme «agréable». Il déplore toutefois que «le capitonné est la réponse à tout au centre de détention de Québec», a plaidé l’ex-détenu.  

Jean-François Jobin, l’agent correctionnel visé par l’enquête policière, a indiqué à la coroner qu’il était à sa pause lors du geste de la victime. À son retour, il a vu le détenu au sol, mais il a affirmé qu’il le croyait endormi.  

Après la mort du détenu, un «poste caméra» a été créé, selon les agents correctionnels qui ont témoigné. La coroner Spénard se penchera sur un total de cinq suicides survenus en milieu carcéral. 

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