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Jeux olympiques: «On n’est pas là puis on n’y sera pas. Ça vient de finir ici.»

Régis Labeaume persiste et signe quant à une éventuelle candidature olympique

Quebec
Photo Agence QMI Le maire Régis Labeaume ne veut rien savoir d’une possible candidature de Québec pour les Jeux olympiques d’hiver de 2030.

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Malgré le refus catégorique de la Ville de Québec d’appuyer le dossier, l’homme d’affaires Mark Charest estimait qu’une opportunité en or se présentait pour la cité de Champlain de présenter sa candidature pour accueillir les Jeux olympiques d’hiver de 2030 et gardait encore espoir, lundi midi, lors de notre entretien, de renverser la vapeur à l’hôtel de ville.

Ses espoirs se sont toutefois envolés en fumée en fin de journée quand Régis Labeaume a rejeté toute possibilité que Québec présente un dossier de candidature. Le maire de Québec n’a pas changé d’idée depuis sa rencontre avec le président du Comité international olympique (CIO), Thomas Bach, en 2016, à Lausanne, à laquelle Le Journal de Québec avait assisté. En marge des rencontres du budget qui se déroulaient lundi, le collègue Jean-Luc Lavallée, qui était présent en Suisse en 2016, a recueilli les commentaires du premier magistrat de la Ville.

«Je vais vous régler ça tout de suite, a-t-il déclaré. On n’est pas là puis on n’y sera pas. Ça vient de finir ici. Je suis sûr que si j’appelais le président du CIO puis que je lui disais qu’on va y penser, il serait heureux lui là... Mais nous, on a embauché Patrice [Drouin]. J’ai vu Patrice la semaine passée, on s’est fait un plan pour se demander comment on peut aller chercher des nouveaux évènements [...], mais les Olympiques, non, oubliez ça.» 

«L’Agenda 2020, je ne vois pas dans quelle ville ils l’ont appliqué à date, de poursuivre le maire de Québec. Il y en a qui se font des illusions sur l’Agenda 2020. On est en 2020 et je n’ai pas vu la différence encore.»

Une vieille mentalité

Conscient du travail de vente qu’il aurait dû faire, Charest estime que le maire Labeaume vit dans le passé. «Les réformes du Comité international olympique [CIO] qui ont pour but de présenter des Jeux modestes et dispersés dans différentes villes jouent en notre faveur, a-t-il affirmé. On doit faire connaître cette réforme du CIO à la population. Il y a encore des préjugés concernant l’attribution des Jeux. Certains, dont le maire Labeaume, ne pensent qu’à la corruption et les votes achetés du passé. Nous avons une grosse job de vente à faire auprès de la population.»

Charest et son groupe travaillent à ce projet depuis 2018. Des gens ont apporté leur contribution ponctuelle pour pondre le document de travail de 22 pages qui a été dévoilé, lundi. «Des gens comme Charles Huot, qui était présent lors de la candidature de Québec en 2002, François Bilodeau, Bernard Thiboutot, Georges Bertrand nous ont aidés tout comme Walter Sieber et le Comité olympique canadien.» 

Charest souhaitait dénicher entre 50 et 100 parrains de la communauté des affaires afin de pousser le projet et constituer un conseil d’administration.

Au parfum des démarches de Calgary, qui désirait présenter les Jeux d’hiver de 2026 et dont le projet a été rejeté lors d’un référendum en novembre 2018, Charest disait vouloir emprunter le chemin inverse. «La pierre angulaire de notre projet est d’obtenir l’appui de la population. On recherche un projet mobilisateur. À Calgary, ils avaient dépensé plusieurs millions avant de consulter la population.»  

Le COC se range derrière le maire Labeaume 

Le Comité olympique canadien (COC) n’entend pas appuyer la candidature de Québec pour les Jeux olympiques de 2030.

Les propos du maire Labeaume ont eu des échos dans les bureaux du COC. «La Charte olympique donne l’autorité exclusive au COC de déterminer si une ville peut être ou non candidate pour accueillir des Jeux olympiques au Canada, a indiqué le chef de la direction et secrétaire général du COC, David Shoemaker, par courriel. Partisan de longue date du sport et des événements sportifs dans la ville de Québec, le maire de Québec a récemment déclaré que le moment n’était pas convenable pour que la ville soumette une candidature et nous partageons cet avis. Le Comité olympique canadien a communiqué cette décision au groupe local qui, plus tôt aujourd’hui, a procédé à une annonce unilatérale sur la préparation d’un dossier de candidature.»

Lors d’un entretien, lundi, le promoteur Mark Charest nous avait confirmé la réception d’une lettre du COC. «Je leur ai demandé de donner une chance à Québec avant de regarder ailleurs et de nous donner l’occasion de retourner la situation de bord.» Le message n’a pas été entendu.

Si le COC juge que le moment n’est pas propice, il dit ne pas fermer la porte à Québec dans l’éventualité d’une candidature ultérieure. «L’accueil de Jeux olympiques au Canada représente une occasion exceptionnelle pour notre pays et c’est une responsabilité que nous prenons au sérieux, a souligné Shoemaker. Ainsi, le Comité olympique canadien désire présenter une candidature pour accueillir des Jeux olympiques d’été ou d’hiver au cours de la décennie 2030. La ville de Québec possède un long parcours étoffé dans le développement du sport et d’athlètes olympiques. Le COC croit au potentiel de Québec comme possible candidate pour l’avenir, mais pas à ce moment.»

Même si Calgary n’est plus dans le décor, le COC possède une autre carte dans sa manche pour une éventuelle candidature en 2030. Vancouver a récemment démontré son intérêt à accueillir les Jeux olympiques à l’hiver 2030. En 2010, Vancouver avait été préférée à Québec pour la candidature canadienne et avait ultimement accueilli les Jeux. 

La discrétion est de mise

Contacté au sujet des discussions qu’il a eues avec Mark Charest et son groupe, Walter Sieber a préféré jouer la carte de la discrétion. «Pour le moment, je préfère ne pas prendre position, laissant aux gens qui habitent cette belle ville de Québec s’exprimer», nous a répondu celui qui a moussé les candidatures de Toronto (1996) et de Québec (2002) comme vice-président des sports.