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Santé mentale: cégépiens en détresse

Une vaste enquête fait la lumière sur les impacts de la COVID-19 chez les étudiants

Marie-Ève Bluteau
Photo courtoisie Depuis le début de la session, Marie-Ève Buteau, qui étudie en sciences humaines au Campus Notre-Dame-de-Foy, a souvent pensé abandonner le cégep à cause de la formation à distance.

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La détresse psychologique a bondi dans les rangs des cégépiens depuis le début de la crise sanitaire, alors que l’accès à des services d’aide s’est détérioré, révèle une vaste enquête réalisée auprès de milliers d’étudiants québécois.

Au cours des dernières semaines, la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) a effectué une consultation d’envergure, à laquelle ont participé 6215 étudiants, afin de faire la lumière sur les impacts de la COVID-19 sur les cégépiens.   

«L’enquête nous a permis de mettre des chiffres sur ce que les jeunes vivent au quotidien et ça a confirmé nos craintes», affirme sa présidente, Noémie Veilleux. 

Selon des résultats préliminaires obtenus par Le Journal, 64% des répondants considèrent que leur santé psychologique s’est détériorée depuis le début de la crise.  

L’isolement, l’augmentation de la charge de travail et les enjeux entourant la formation à distance sont montrés du doigt. 

La proportion de jeunes qui ont déclaré avoir des pensées suicidaires ou des idées noires «souvent» ou «très souvent» est passée de 3,7% avant la crise à 6,2% présentement.  

La proportion d’étudiants qui considèrent avoir besoin de services de santé psychologique est passée de 24% à près de 40%. Ils sont toutefois moins nombreux à y avoir accès: parmi ceux qui ont eu besoin d’aide, 48% avaient accès à des services avant la crise, une proportion qui a chuté à 27% depuis le début de la pandémie. 

Les coûts élevés, les services offerts uniquement à distance et les longs délais d’attente en ont découragé plusieurs. De son côté, Noémie Veilleux affirme que les cégeps doivent faire plus d’efforts pour faire connaître leurs services, qui devraient être bonifiés. 

Précarité financière

Les cégépiens sont par ailleurs deux fois plus nombreux à avoir de la difficulté à joindre les deux bouts. La proportion d’étudiants qui affirment ne pas avoir assez d’argent pour subvenir à leurs besoins est passée de 10% à 19% depuis le début de la crise sanitaire. 

«Ça nous semble très alarmant», affirme la présidente de la FECQ.  

Québec a annoncé en août une bonification du programme d’aide financière, mais les sommes supplémentaires ne seront pas disponibles avant décembre, déplore Mme Veilleux. 

Les aléas des cours en ligne

Les cours à distance donnent aussi du fil à retordre à plusieurs: 27% n’ont pas accès à un endroit calme et propice pour suivre leurs cours à distance. «C’est aberrant», lance Mme Veilleux, laquelle réclame un accès à des locaux sur les campus pour que les étudiants puissent y suivre leur formation en ligne dans le respect des mesures sanitaires.  

Depuis le début de la pandémie, près d’un étudiant sur dix affirme ne pas avoir accès à un ordinateur personnel ou à un réseau internet assez performant pour suivre leur formation à distance. 

Étudiants démotivés

Plus de 66% des cégépiens indiquent par ailleurs que la formation à distance a affecté leur motivation à poursuivre leurs études. 

C’est le cas de Marie-Ève Buteau, étudiante en sciences humaines au Campus Notre-Dame-de-Foy, près de Québec, qui doit suivre tous ses cours à l’écran. 

«J’étais hypermotivée à entrer au cégep, mais avec les cours en ligne, on n’a plus de contacts humains et tout ça a dégringolé», lance l’étudiante de 18 ans, qui a souvent pensé à abandonner ses études depuis la rentrée. 

«J’ai un léger TDAH (trouble du déficit de l’attention), je trouve ça vraiment difficile de rester assis pendant trois heures devant l’écran», ajoute-t-elle. 

Son moral en a pris un coup, la fatigue et le manque d’appétit se sont aussi mis de la partie.  

Inquiète pour sa santé mentale, Marie-Ève a entrepris un suivi psychologique et ne souhaite qu’une chose: retourner en classe le plus rapidement possible. 

Enquête «Derrière ton écran»       

  • 64% des cégépiens affirment que leur santé psychologique s’est détériorée depuis le début de la crise.    
  • 6,2% ont souvent ou très souvent des pensées suicidaires ou des idées noires, comparativement à 3,7% avant la pandémie.    
  • 40% des étudiants considèrent qu’ils ont besoin de services d’aide psychologique, comparativement à 24% avant la pandémie.    
  • 26,5% d’entre eux ont consulté une ressource professionnelle depuis le début de la crise, comparativement à 48% avant celle-ci.     
  • 19% affirment ne pas avoir assez d’argent pour subvenir à leurs besoins, comparativement à 10% avant la crise sanitaire.       

Source: Enquête «Derrière ton écran», réalisée du 22 septembre au 30 octobre 2020 par la Fédération étudiante collégiale du Québec, à laquelle ont participé 6215 cégépiens

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