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Un patron dans chaque hôpital dès maintenant, SVP!

Un patron dans chaque hôpital dès maintenant, SVP!
Photo d'archives, AGENCE QMI

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Au cours des derniers mois, le ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, a travaillé fort pour faire en sorte qu’un gestionnaire soit attitré à chaque centre d'hébergement et de soins de longue durée (CHSLD). C’est maintenant le temps de faire la même chose pour nos hôpitaux.

Actuellement, la situation est incompréhensible. Pensons-y deux secondes. L’Hôtel-Dieu de Roberval est l’un des plus gros employeurs de la municipalité, mais depuis quelques années, il n’y a plus de direction générale dans l’établissement. Ceux qui administrent l’hôpital se retrouvent à 100 km dans les bureaux du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) à Saguenay. 

Regardons dans une autre région, la Côte-Nord. Le plus gros centre hospitalier est à Sept-Îles, mais les dirigeants du CISSS sont à 230 km du côté de Baie-Comeau. Aucune logique!

La centralisation d’un réseau comme celui de la santé cause des effets négatifs comme le manque d’imputabilité. La grosseur de la machine fait en sorte qu’il n’y a plus personne qui est responsable, et quand on doit régler un problème, le paquebot n’est pas capable de virer sur un dix cennes.

Redonner du pouvoir à chaque établissement permettrait de mobiliser le personnel, car actuellement, plusieurs se sentent comme des numéros. On doit miser sur le sentiment d’appartenance, une fierté qui permet à une équipe de surmonter les vagues. Quand tout va bien, les limites de la centralisation se font moins sentir. Mais quand on traverse une crise, comme celle que nous vivons actuellement, on se rend compte que cette rigidité a de graves conséquences.

Dernièrement, cette idée de redonner du pouvoir aux instances locales a été clairement exprimée par le Regroupement québécois des médecins pour la décentralisation des soins de santé (RQMDSS). Sur leurs médias sociaux, ce regroupement de médecins dit vouloir rétablir un poste d’administrateur local pour chaque centre hospitalier de soins. Il donne l’exemple d’un bris d’équipement qui serait remplacé par l’administrateur local et non pas par le CIUSSS.

Dans ses communications avec le gouvernement du Québec, le RQMDSS a également parlé de l’idée de rétablir le poste de directeur des services professionnels local et de remettre en place le conseil des médecins, dentistes et pharmaciens local pour chaque centre hospitalier.

Cette démarche de près de 700 médecins issus de plus de 50 centres hospitaliers à travers la province est louable, surtout dans le contexte de la pandémie. Alors comment peut-on expliquer que le gouvernement du Québec refuse de les rencontrer? 

Discuter avec ceux et celles qui travaillent fort sur le terrain — nos anges gardiens — devrait être l’objectif premier de tous ceux qui veulent travailler de près ou de loin à gérer le système de santé.

Les politiciens et les administrateurs du réseau de la santé pensent sans doute que ce n’est pas le temps de faire un changement de structure aussi important en temps de pandémie. Cependant, comme dirait l’ancien maire de Montréal Denis Coderre, on est capables de «mâcher de la gomme et marcher en même temps»!