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Bettman: double mission

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Photo d’archives Gary Bettman doit négocier sur deux fronts : avec les joueurs et avec les propriétaires.

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S’il faut croire tout ce qu’on raconte en coulisses, à savoir que Gary Bettman se retrouve dans une situation passablement stressante en raison des demandes de ses employeurs, qui sont les propriétaires des équipes, le désaccord entre la Ligue nationale et l’Association des joueurs risque de se prolonger et du même coup de remettre à plus tard le début de la prochaine saison.

S’il y en a une...

On affirme que malgré tous les problèmes que doit résoudre le commissaire de la LNH, il poursuit les discussions avec les décideurs de l’Association des joueurs de la Ligue nationale.

Je suis de ceux qui croient toujours qu’il y aura une saison en 2021. Les décideurs impliqués dans cette négociation de dernière heure sont bien conscients que la situation financière mondiale est gravement ébranlée par la pandémie.

Qu’il faudra trouver des compromis, sinon on s’enfoncera dans un cul-de-sac. 

Or, depuis quelques jours, on chuchote que Bettman a plus de difficulté à maintenir l’harmonie chez les propriétaires que de mener les négociations avec Donald Fehr, le grand manitou de l’Association des joueurs.

Tous ceux qui ont eu à affronter Bettman dans le cadre d’une négociation importante vous diront qu’il est un négociateur féroce. Qu’il a toujours eu la bénédiction des propriétaires pour mener les dossiers.

Quand il a négocié une nouvelle entente avec l’AJLNH en juillet dernier, les propriétaires se disaient à l’aise. Mais, quatre mois plus tard, ils disent à Bettman que ça ne fonctionne plus. Plusieurs affirment que jouer devant des gradins vides, c’est tout à fait ridicule, c’est foncer directement vers le mur.

Impensable

Faut-il croire alors que Bettman doit maintenant attaquer sur deux fronts ? 

Tout d’abord convaincre les joueurs, mais surtout convaincre les propriétaires récalcitrants que fermer les amphithéâtres pour ce qu’il reste de la prochaine saison est impensable, que ce serait courir au désastre.

Le commissaire ne veut pas annuler la saison, c’est clair. 

Et on connaît les raisons. Il ne veut pas mutiler l’image de la ligue avec un autre conflit de travail alors qu’il est en grande discussion avec les réseaux spécialisés en sport aux États-Unis et qu’il poursuit les négociations avec des multinationales désirant s’associer au hockey professionnel.

Le temps presse pour Bettman et son groupe. Il ne reste plus que deux jours avant le début du long week-end de l’Action de grâce aux États-Unis. Si on ne trouve pas un terrain d’entente d’ici à demain, aussi bien oublier le 1er janvier comme date de reprise des activités.

Quant aux joueurs, faut-il croire qu’ils tendraient une oreille attentive si l’on modifiait la demande d’augmenter le pourcentage à verser dans le compte en fiducie par un prêt échelonné sur quelques saisons ? En d’autres mots, accepterait-on de verser 16 % des salaires en plus des 20 % en fiducie ? 

Quatre mois

On répète depuis quelques jours que les patineurs sont furieux, qu’ils se disent trahis par les propriétaires et, à cet égard Gary Bettman, qui, il y a quatre mois, avaient applaudi la nouvelle entente.

Mais les patineurs et leurs conseillers ont-ils pris connaissance de tout ce qui se produit à travers le monde depuis quatre mois ? On se dirige vers l’inconnu avec des résultats quotidiens qui vous donnent la trouille.

Les restaurants demeurent fermés.

Les enseignants sont à bout de souffle.

Les infirmières sont surtaxées.

Les médecins multiplient les heures.

Nos aînés courent un grand risque tous les jours.

Les travailleurs perdent leur emploi.

Les entreprises empilent les déficits.

Et quand viendra le temps de rembourser la gigantesque dette nationale, qui sollicitera-t-on ? Les contribuables, qui ne pourront pas négocier.

Les joueurs n’ont pas été trahis. Ils ont été sournoisement frappés, comme tout le monde, par la COVID-19, que l’on croyait sous contrôle, mais qui s’apprêtait à servir une fulgurante contre-attaque.

Heureusement, on se prépare à accueillir un vaccin dont les premiers résultats sont très encourageants. Mais d’ici à ce que la situation s’améliore, les gens sont invités à faire des sacrifices.

De gros sacrifices.

Peut-être devrait-on inscrire le mot pandémie dans le dictionnaire du monde du sport.

Danault en attente

On ne pourra pas accuser Marc Bergevin de manquer de transparence dans le dossier de Phillip Danault. Bon, il ne dévoilera pas sa stratégie, mais il est assez direct au sujet des négociations.

Habilement amené sur le sujet par Jean-Charles Lajoie, vendredi à JiC, à TVA sports, le directeur général du Canadien a confirmé avoir eu des discussions avec le clan Danault en septembre.

« Ça n’a pas fonctionné autant de son côté que de notre côté, nous avons donc décidé de prendre du recul et on verra par la suite. »

En résumé, Bergevin veut se donner du temps et on peut le comprendre. Il y a la question du plafond salarial, il y a les discussions entre l’AJLNH et les propriétaires. Il y a aussi une saison à venir.

Lever le pied

Dans la présente structure salariale et l’incertitude que provoque la pandémie, les propriétaires suggèrent à leurs décideurs de lever le pied relativement aux dépenses.

Malheureusement pour Danault, la présente situation ne lui est pas favorable du tout. On connaît sa valeur, mais quelle position occupera-t-il dans l’organigramme de l’équipe dans la prochaine saison.

On sait tous qu’il devrait amorcer la saison au centre entre Tomas Tatar et Brendan Gallagher.  

C’est un bon départ.

À lui d’y voir par la suite.