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Jeune autiste accusé du meurtre de sa mère: deux conclusions, mais une même finalité, selon des experts

Était-il pleinement conscient qu’il tuait sa mère ?

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Si les experts appelés à témoigner au procès du jeune autiste accusé d’avoir tué sa mère divergent quant à la responsabilité criminelle du jeune homme, ils concluent tous les deux qu’il devrait se retrouver dans un environnement institutionnel sécuritaire et sécurisé. 

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C’est une bataille d’experts qui s’est jouée, mardi, devant la juge Fannie Côtes, au procès de Jérémy (prénom fictif), accusé du meurtre non prémédité de sa mère. 

Le 16 février 2019, alors âgé de 17 ans, le jeune homme a assené plusieurs coups de couteau à l’auteure de ses jours. Or, était-il pleinement conscient du terrible geste qu’il a posé ce soir-là ?

Capacité de raisonnement

Si pour l’expert de la défense, le psychiatre Frédéric Charland, la réponse est non, en raison de la déficience diagnostiquée qui révèle, chez Jérémy, un âge mental comparable à celui d’un enfant de neuf ou dix ans, pour l’expert de la poursuite, le psychiatre Louis Morissette, la réponse est totalement différente. 

« Oui, il présente une déficience légère, mais ce n’est pas à cause de ça que les gestes ont été posés. Depuis son plus jeune âge, il a développé sa technique. S’il crie, frappe ou dérange assez, il obtient ce qu’il veut », a-t-il ajouté en précision aux questions du poursuivant, Me Hugo Breton. 

Le professionnel, établi à l’Institut Philippe-Pinel, a également ajouté que le jeune homme avait la capacité de raisonner. 

« C’est rudimentaire, mais c’est concret. On est capable de faire avec lui la séquence des événements », a expliqué le psychiatre.

Non criminellement responsable

En défense, bien que le Dr Charland admette, entre autres, que le diagnostic du trouble de l’autisme ne saurait empêcher le jeune homme « d’avoir à assumer sa responsabilité » puisqu’il distingue le « bien du mal », le retard mental du jeune homme l’amène à se questionner. 

« Son jugement concernant la nature et la qualité de l’acte qu’il a posé nous apparaît franchement déficitaire. Même s’il sait que le geste qu’il a posé est mauvais, il ne semble pas prendre la pleine mesure et en comprendre toute la portée et la gravité », a-t-il souligné à l’avocat de la défense, Me Pascal Defoy, ajoutant que Jérémy devrait être déclaré non criminellement responsable.