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La tyrannie des minorités religieuses

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Il n’est pas surprenant, à vrai dire, que les sorties tapageuses de membres des minorités religieuses contre le premier ministre Legault qui permettra les rassemblements à Noël fassent une fois de plus l’actualité. 

Soyons clairs. La majorité des Québécois francophones sont historiquement de culture catholique. Mais la déchristianisation radicale du Québec a entraîné une déculturation rapide. Aujourd’hui, l’inculture religieuse des Québécois de descendance canadienne-française est une réalité indiscutable. 

Il n’en demeure pas moins que Noël fait partie de la tradition. On se réunit en famille autour du sapin dans sa maison illuminée. C’est la raison pour laquelle lorsque le rabbin Reuben Poupko, coprésident du Centre consultatif des relations juives et israéliennes du Québec, proteste en affirmant que le gouvernement Legault élève la religion catholique au-dessus des autres religions, il fait fausse route. Pour la majorité des Québécois, Noël est sécularisé depuis longtemps. 

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Sens des mots

On n’assiste plus à la messe de Noël. On mange de la tourtière et non plus l’hostie. D’ailleurs, nombre de jeunes ignorent ce que c’est que l’hostie et n’ont aucune idée du sens des mots tels que « tabernacle » ou « ciboire » qu’ils utilisent pour jurer. 

Quant au représentant du Conseil national des musulmans canadiens, Yusuf Faqiri, il se dit déçu, car « les communautés musulmanes, sikhes et juives n’ont pas pu se rassembler lors de leurs fêtes religieuses. »

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Il considère que permettre les rassemblements à Noël est une contradiction puisque le gouvernement caquiste a fait voter la loi 21 sur la laïcité. D’ailleurs, son organisme se retrouve actuellement devant la Cour pour s’opposer à cette laïcité. 

En fait, la minorité musulmane au Québec compte pour 3 % et les juifs pour 1 %. Est-ce vraiment maltraiter les communautés musulmanes, juives ou sikhes ? On ignore que la majorité québécoise ne fête plus Jésus, mais plutôt la famille. Et que l’histoire de Jésus appartient avant tout au folklore religieux, qui a sa place dans une société laïque au Québec, comme dans la plupart des pays de tradition chrétienne dans le monde.

Inquiétudes

La décision du gouvernement Legault de permettre à la majorité des Québécois de se réunir à Noël peut susciter des inquiétudes de la part des citoyens qui voient un danger d’éclosion durant les agapes de quatre jours.

Mais que des minorités religieuses profitent de l’occasion pour accuser de nouveau le gouvernement Legault de discrimination à leur endroit est, dans le meilleur des cas, de mauvais goût et, dans le pire, de mauvaise foi.

Critiquer chaque politique adoptée au nom de la majorité québécoise démontre noir sur blanc un refus de reconnaître à la fois l’histoire, la culture et certaines valeurs québécoises.

Les attaques contre la légitimité du gouvernement actuel de la part d’adversaires qui mettent de l’avant le fait que la CAQ a été portée au pouvoir par une minorité de Québécois laissent à penser que, faute d’appuis chez les anglophones et une grande partie des allophones, le gouvernement du Québec ne peut légitimement gouverner. 

Cela sous-entend que notre système électoral est d’une injustice systémique. Et qu’il faut le changer en faveur de la représentation proportionnelle, laquelle, précisons-le, noierait à coup sûr le pouvoir politique des Québécois francophones.