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Le testament de Labeaume

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Le maire Labeaume donnait l’impression d’exposer son testament politique, hier, avec ce 14e budget de la Ville, où Québec fait figure de première de classe à bien des égards.

Comme il refuse toujours de se prononcer sur son avenir politique, M. Labeaume préfère qualifier ce budget en termes financiers.

Il parle d’une étape symbolique, marquée par un cycle important qui se termine, puisque tous les objectifs majeurs seront bientôt atteints. « Tout ce qu’on a mis en place en 2009 est réalisé. Et ça donne ce que ça devait donner », dit-il.

En 2009, son administration a en effet adopté un cadre financier qui a rendu les budgets plus prévisibles que jamais. Si bien que Québec est passée d’une des villes les plus endettées, en 2007, à la troisième la moins endettée parmi les 10 plus grandes villes du Québec. 

Test de la pandémie

Cette année, ce cadre a même passé haut la main le test de la pandémie. « Il fallait poser les bons gestes rapidement », dit celui qui a planifié selon le scénario du pire, lequel ne s’est pas concrétisé. 

Certes, la Ville n’aurait pas fait aussi bien sans l’aide des gouvernements, que M. Labeaume a qualifiée de « très généreuse ». Il aurait fallu sinon piger davantage dans les réserves, ce qui n’est pas souhaitable pour maintenir sa bonne cote de crédit.

Mais la Ville peut aussi garder la tête hors de l’eau grâce à ce cadre, parce qu’elle dispose d’une réserve de prévoyance plus importante, et d’une réserve de paiement comptant d’immobilisation qui lui évite en partie d’emprunter, et de s’endetter davantage. 

Québec peut aussi continuer à investir massivement dans ses infrastructures, éviter de pelleter en avant, en plus de participer à la relance.

Il est permis de se demander quels pourraient être les impacts d’investissements aussi ambitieux, susceptibles de causer une surchauffe. Mais le service des finances garde le cap, rassuré par des taux d’intérêt plus bas que jamais. 

Une bonne nouvelle

Québec peut même se permettre de geler les taxes pour le résidentiel et le commercial, ce qui représente encore plus une bonne nouvelle dans un contexte de pandémie.

S’il ne s’agit pas du testament politique de M. Labeaume, ce budget pourrait néanmoins paver la voie pour qu’il sollicite un cinquième mandat.

Sa décision dépend assurément des développements dans le dossier du réseau de tramway. Néanmoins, s’il partait, comme en fait foi ce budget 2021, Régis Labeaume laisserait la maison en ordre.