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Lutte contre les changements climatiques et gestion de la forêt québécoise

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Au cours des derniers mois, des analystes, des observateurs ou des militants, dont Richard Desjardins et Henry Jacob (Le Journal de Montréal, 13 novembre 2020), ont traité de divers enjeux concernant la gestion de la forêt québécoise.

Selon nous, au-delà des «bons coups» déjà accomplis (amélioration des méthodes de calcul de la possibilité forestière, établissement d’aires protégées, etc.) et des défis qui demeurent au sein du monde forestier (restauration de la productivité de nos forêts feuillues du sud, amélioration de la qualité de vie et des conditions de travail des travailleurs forestiers, etc.), il devient urgent de s’attaquer de manière plus forte à la plus grande menace pour nos forêts et la planète: les changements climatiques. Sans vouloir minimiser, par ailleurs, l’importance d’autres enjeux, nous pensons que nos forêts sont beaucoup plus menacées par les changements climatiques que par les activités des différents utilisateurs de nos forêts.

Éric Bauce
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Éric Bauce

Science

Nous devons donc, en tant qu’acteurs vivant sur un immense territoire forestier, reconnaître non seulement le fait que nos forêts peuvent être de puissants outils de lutte contre les changements climatiques, mais qu’il est aussi dans notre intérêt collectif de mettre notre foresterie en action pour contrer ces mêmes changements climatiques. En fait, sur le plan scientifique, de plus en plus d’études nous indiquent que les changements climatiques constituent une forte menace pour nos forêts. Pensons, entre autres, aux résultats tirés de modèles qui prédisent une augmentation sans précédent des feux de forêt, tant sur le plan de leur intensité que sur celui de la fréquence. Dans le contexte actuel, nos stratégies d’aménagement forestier devront désormais, elles aussi, être élaborées pour lutter contre les changements climatiques.

Luc Bouthillier
Photo courtoisie
Luc Bouthillier

Concrètement, il est urgent, selon nous, d’agir en utilisant nos forêts et les produits forestiers pour séquestrer et stocker le carbone. La plantation d’arbres en est un exemple, mais nous savons que dans la forêt boréale, ses effets bénéfiques sur notre bilan carbone ne sont pas universels pour tous les types de sites (en raison, notamment, du changement d’albédo de surface causé par le boisement), qu’ils ne sont pas non plus instantanés et qu’ils prennent plusieurs années avant de se concrétiser. Concrètement encore, il est aussi urgent de se mobiliser et d’agir en ce qui a trait à l’intégration des produits du bois dans nos multiples projets de construction et à la gestion de nos biens de commodité. Ce faisant, nous pourrons améliorer notre bilan carbone tout en poursuivant, par ailleurs, le travail requis en matière d’innovation et de réglementation.

Développement

En somme, dans le contexte actuel, nous ne pouvons qu’inviter les personnes qui s’intéressent à notre patrimoine forestier à se joindre à nous et à le considérer comme un outil incontournable et indispensable de développement durable et de lutte contre les changements climatiques. Dans le même ordre d’idées, il convient aussi de rappeler que la société québécoise est une société qui doit une bonne partie de son développement à la forêt, à l’eau et au travail de ses citoyennes et citoyens.

Éric Bauce Ph. D.
Professeur titulaire, Université Laval
Commissaire à la Commission Coulombe (2003-2004)

Évelyne Thiffault Ph. D.
Professeure agrégée, Université Laval

Luc Bouthillier Ph. D.
Professeur titulaire, Université Laval

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